La directive européenne du 23 octobre 2000 fixe pour chaque bassin hydrographique l’objectif d’atteindre un « bon état » des eaux en 2015. Dans son application, elle prévoit qu’à chaque étape, les différentes Agences de l’eau doivent consulter le grand public pour qu’il puisse s’informer et s’exprimer sur ce projet qui aura des répercutions sur la vie des citoyens.
Depuis 2004, date à laquelle la directive a été transposée en droit français, un Comité de bassin (auquel participent l’Agence de l’eau Artois – Picardie, des usagers, des élus et des associations) a réalisé un état des lieux de l’ensemble du bassin hydrographique qu’il gère et définit les actions à mettre en oeuvre pour arriver à se « bon état des eaux » proné par l’Union Européenne. Sont pris en compte l’acheminement des eaux potables et leur assainissement mais aussi les nappes phréatiques, les rivières, les zones côtières et agricoles...

- Chaque foyer du bassin recevra ce questionnaire à retourner
Le Bon état
« Pour atteindre le « bon état » partout sur le bassin coûterait 4,7 milliard d’euros », explique Alain Strebelle. « Pour un bassin de 4,5 millions d’habitants. L’essentiel de cette somme, 3,8 milliards, sera consacré à l’assainissement de l’eau potable : rénovation d’égouts, raccordement des particuliers, création de stations d’épuration... A Lille par exemple, un habitant sur deux n’est pas encore raccordé au réseau d’assainissement. L’impact économique sera important sur les factures d’eau. Il a été au centre des débats du Comité de bassin. » Selon les régions, cette répartition diffère : en Bretagne, le principal effort à faire porte sur l’agriculture.
Actuellement dans la région, la facture moyenne s’élève à 160 € par habitant. Pour mener à bien le projet en 2015, il faudrait les augmenter de 75 €. « Vu la conjoncture et l’inflation actuelle, c’est impossible », précise Alain Strebelle. « Nous devons étaler l’effort dans le temps. La directive européenne nous permet de repousser jusqu’en 2027. Dans ce cas, la facture ne serait majorée que d’une trentaine d’euros. »
Dépolluer dix fois plus que la moyenne française
« Ces efforts financiers importants s’expliquent en partie par les handicaps dont souffre le bassin », poursuit le directeur de l’Agence de l’Eau. « Il regroupe 8% de la population française sur 3,5% de la surface du territoire, dispose de moins de 2% du linéaire des cours d’eau et moins de 1% du débit qui permettent d’évacuer les résidus de pollution. Nous sommes donc obligés de dépolluer dix fois plus que la moyenne française. A cela s’ajoute une présence industrielle forte et des surfaces agricoles importantes. Ce n’est pas un scénario catastrophe mais nous devons tenir compte de la réalité. »
Chaque foyer recevra donc d’ici au 6 juin un questionnaire à retourner à l’agence de l’eau portant sur ces questions, notamment économiques. L’Agence de l’Eau espère un retour de 3% ce qui lui permettrait d’avoir une idée représentative de l’ensemble de la population.
SC
L’Agence de l’Eau tient a disposition le shéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux et le programme des mesures sur son site internet. Il est aussi possible de répondre à la consultation en ligne.