Les syndicats de journalistes SNJ et SNJ-CGT ont dénoncé l’agression dont a été victime le 15 janvier Michaël Szames, journaliste à France 24, lors du congrès du Front national à Tours.
« Venu à un dîner de gala du FN afin de recueillir des informations sur le vote qui c’est déroulé pendant plusieurs jours ; il se fait insulter, agresser, déposséder de sa carte de presse et jeter comme un chien par sept nervis du service d’ordre du FN qui lui tiennent les mains derrière le dos » rappelle le SNJ-CGT. Ce dernier souligne que « le mensonge, la haine de la démocratie, des journalistes et des juifs » demeurent des « constantes du FN ». Et alerte : « le ventre est toujours fécond ».
Le SNJ, qui dénonce lui aussi cette agression, rappelle par ailleurs qu’un journaliste de M6, Azzedine Ahmed-Chaouch, auteur d’un livre d’actualité sur la succession Le Pen (L’héritage du diable), dont l’accréditation a été « annulée en rouge », s’est vu interdire la couverture du congrès du FN. Il souligne que « les responsables du Front national ont approuvé ces deux entraves à la liberté d’informer. Pire, l’ancien président a même ironisé sur l’expulsion, à sa façon nauséabonde, alors même qu’il avait plaisanté avec le journaliste quelque temps avant l’agression contre ce dernier. La nouvelle présidente en a rajouté une couche en disant qu’elle aurait été plus dure ».
Michaël Szamez ayant porté plainte pour agression, le SNJ-CGT déclare qu’il se portera partie civile à ses côtés, s’il le souhaite, pour atteinte à la liberté de la presse. Pour ce syndicat, « il est temps que la profession démasque ce qu’est et reste véritablement le FN : un parti anti-démocratique, dont le programme économique et social est à l’opposé de l’intérêt des salariés et des couches populaires qu’il prétend sans honte défendre ».
Tandis que le SNJ pose la question : « Qui peut encore dire que ce parti, qui bafoue de nouveau un des droits fondamentaux reconnus par la Constitution, est un parti « comme les autres » ? Ajoutant que « la Hongrie, par ses lois récentes muselant la presse, nous rappelle que la bataille pour la liberté d’expression est un combat qui ne tolère aucune exception ».
Mardi, le FN a indiqué avoir déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse contre lui et demandé au juge des référés une contre-expertise médicale du journaliste, qui a obtenu une incapacité de travail de quinze jours.