Denise Vaast, attachée de presse du Conseil général du Pas-de-Calais, Peggy Collette, attachée de presse au Conseil Régional Nord-Pas de Calais, Isabelle Canu, attachée de presse de la Ville de Roubaix et Hada Raith, ex-attachée de presse du président du Conseil général du Nord ont répondu à l’invitation du Club.
Tout est politique
Toutes des femmes, même si les écoles d’attaché(e)s de presse aidant, la profession a tendance à se masculiniser selon elles. Ainsi, l’équipe de Denise Vaast compte trois personnes dont deux hommes... Avec des expériences variées. Si Isabelle Canu a toujours travaillé dans la fonction publique territoriale, Denise Vaast et Peggy Collette sont issues de la presse écrite et Hada Raith s’est nourrie d’une carrière de communicante en entreprise.

- Denise Vaast, attachée de presse au Conseil Général du Pas - de - Calais
Les hiérarchies aussi sont diverses. Hada Raith était intégrée dans le cabinet du président, tandis que Peggy Collette relève de la direction de la communication. Isabelle Canu dépend du cabinet du maire de Roubaix cependant que Denise Vaast dépend de Dominique Dupilet.
Mais toutes quatre sont d’accord pour dire que leur fonction est politique. Comme le dit Hada Raith : « L’information que nous délivrons émane des débats au sein de l’institution et donc relève de ses orientations politiques ».
Maîtrise du circuit d’information
Femmes de l’ombre, comme se plaît à le souligner Angela Koder (chargée de communication à Lille Métropole Communauté Urbaine), leur rôle est aussi de veiller à ce que n’importe qui ne prenne la parole au nom de l’Institution. « Passer par nos services de presse est, pour les journalistes, une garantie de qualité des informations reçues. Cela évite boulettes ou erreurs d’approximations » relève Denise Vaast qui ajoute : « depuis Outreau, les agents du Pas-de-Calais ont interdiction d’informer un journaliste ».

- Hada Raith, responsable de communication au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord
La maîtrise des circuits d’information est très liée à la défense de l’image des institutions. Isabelle Canu regrette l’empressement de confrères parisiens qui pensent « Roubaix » quand le sujet est d’aspect misérabiliste ou touchant des populations défavorisées. Il lui arrive de refuser de répondre à ce type de préoccupations. Elles aiment leur ville, leur département et leur région et semblent bien prêtes à en défendre l’image la plus positive possible.
Anticiper les questions
Répondre aux journalistes, les orienter vers le bon interlocuteur, leur faire gagner du temps voire leur suggérer un « papier » nécessite une connaissance approfondie des dossiers. De fréquents contacts avec les élus et les responsables techniques sont nécessaires ainsi que l’analyse des nombreux rapports, discours, délibérations de commissions, projets que l’institution émet. Ce qui exige un bon esprit de synthèse et de grandes aptitudes rédactionnelles pour préparer des dossiers de presse tout prêts. Pour Peggy Collette, la plus jeune dans cette fonction, cela passe par un véritable bachotage des politiques et orientations suivies par la Région. Denise Vaast précise qu’elles doivent savoir anticiper les événements, ce qui reste aisé pour les habituels marronniers de la presse mais pour le reste, devient plus facile avec l’expérience. Ce qui ne cadre pas toujours avec les alternances politiques.
Pas forcément cartées
L’attaché(e) de presse est d’abord un(e) professionnel(le). « Même si nous ne sommes pas nécessairement des militantes du parti au pouvoir, mieux vaut avoir un minimum d’osmose avec les orientations de l’institution » concède Hada Raith. On veut bien la croire : convaincre est plus aisé, quand on est soi-même convaincu.

- Isabelle Canu, attachée de presse de la Mairie de Roubaix
Certaines d’entre elles ont ainsi vécu des changements de responsables politiques sans que leur professionnalisme ne soit contesté. Leur mandat a été prolongé par le nouveau tenant du pouvoir.
Les relations avec la presse
Généralement, leurs relations avec les journalistes sont bonnes. Des journalistes qui, souvent sont des interlocuteurs réguliers de leur institution. Ils en connaissent donc le fonctionnement, ce qui évite bien des désaccords. L’urgence du reportage TV est semble-t-il plus délicat à gérer car l’élu concerné a son propre agenda qui ne coïncide pas toujours avec les contingences techniques de la télévision. La radio ? Un son peut se faire via le téléphone. Nos attachées de presse sont plus remontées vis-à-vis du manque d’empathie de confrères parisiens qui parfois regardent encore notre région, ses départements et ses villes par le prisme du Germinal de Zola. Chacune d’elles avoue avoir parfois éconduit une demande jugée incongrue avec les politiques de leur institution.
De même, elles nous ont appris avoir « coaché » certains élus ou responsables techniques avant une interview ou une conférence de presse pour leur éviter de tomber dans les filets tendus par certain journaliste trop curieux ou trop zélé dans la quête d’une information sur un dossier en cours... Toujours cette recherche d’une maîtrise de l’information pour éviter les « boulettes ». Cela doit plutôt réussir si on se réfère aux prix Houblon du Club de la presse et aux nominés pour le Houblon où plusieurs d’entre elles ont figuré.

- Peggy Collette, attachée de presse au Conseil Régional du Nord - Pas de Calais