Jeudi 2 octobre, le Club de la presse a acueilli Lara Crouigneau, secrétaire générale de l’association culturelle béthunoise « La pomme à tout faire » et Philippe Massardier, directeur du développement culturel de la Communauté d’agglomération de l’Artois (Artois Comm.) et directeur artistique de l’exposition de Claude Lévêque (du 11/10/2008 au 31/01/2009) dans les locaux de l’ex-Banque de France.
La Communauté d’agglomération d’Artois ou Artois Comm. est singulière à plus d’un titre. Implantée au coeur d’une zone fortement urbanisée (densite démographique de 540 h/km²), elle rassemble 59 communes dont plus d’une trentaine sont rurales (moins de 2500 âmes par commune). Un rassemblement qui ne s’opère pas autour d’une ville-centre mais via le rapprocherment de deux villes principales : Béthune et Bruay-la-Buissière. Aux diverses prérogatives relevant des communautés d’agglomération, Artois Comm.a décidé d’ajouter celle de la politique culturelle. Une mission supplémentaire pour mieux valoriser le patrimoine local, encourager la production artistique contemporaine sur un territoire où la muséologie est faible. Une production qui peut encourager les artistes locaux mais aussi inviter des « célébrités » à venir produire sur place à partir d’une inspiration territoriale. Ainsi, l’Artois victime des grands conflits mondiaux accueille « Rumeurs de bataille » de Claude Levêque, artiste choisi par le ministère de la Culture pour représenter la France à la prochaine Biennale internationale d’art contemporain de Venise.
Un lieu inhabituel
Les expositions béthunoises proposées par Artois Comm. sont produites sur place dans l’ancienne Banque de France, délaissée en 2006 par le plan Trichet, suite à l’instauration de la Banque Centrale Européenne qui a réduit brutalement les activités de l’institution monétaire créée par Napoléon Ier. Un bâtiment géré par Artois Comm. qui a choisi de le réaménager partiellement en conservant le mobilier opérationnel : les guichets, le bureau du directeur, la salle des coffres, etc.
L’artiste vedette, Claude Levêque, aime soutenir et proposer à de jeunes artistes d’accompagner son travail par leurs propres installations. Sophie Dubosc et Jonathan Loppin ont ainsi investi les étages de l’ancienne banque pour les expositions « Adieu Berthe » et « Je vous déteste tous ». Le travail muséographique et l’accueil des artistes a été confié à l’association « La Pomme à tout faire ». Auparavant attachée à promouvoir l’installation créative d’artistes dans le Bassin Minier par le biais de trois sites (galerie Arc-en-Ciel à Liévin, Maison de l’Art et de la Communication à Sallaumines et Espace Lumière à Hénin-Beaumont), sa collaboration avec Artois Comm. l’a conduite à s’occuper également du nouveau lieu culturel béthunois, dénommé désormais Lab-labanque Productions. A terme, il s’agit de transformer l’ex-Banque de France béthunoise en équipement culturel structurant du territoire dédié à l’art visuel contemporain en parallèle à la future installation du Louvre-Lens plus axé sur des propositions classiques.
Favoriser l’accès aux arts
Artois Comm. poursuit une démarche innovante avec une ouverture presque permanente de ce lieu : le public peut y accéder tous les jours de 14 h à 19 heures, gratuitement. Seuls jours de fermeture envisagés ; le 25 décembre 2008 et le 1er janvier 2009 ! Un accueil pour les groupes mais aussi pour les individus. D’ailleurs, certains usagers de l’ancienne activité se pressent parfois pour des demandes plus en rapport avec l’activité bancaire qu’avec les nouvelles propositions artistiques...
« La Pomme à tout faire » a signé la charte Handicap pour permettre l’accès aux émotions culturelles des publics à mobilité réduite mais aussi aux autres handicaps souvent rejetés par une certaine élite.

L’association gère également des résidences pour artistes plasticiens au sein du territoire. Les artistes sont ainsi disséminés au travers du département tels les élus du Ministère à la Villa Médicis à Rome. L’inauguration de l’exposition de Claude Levêque bénéficiera d’une mise à disposition de moyens de transports respectueux du développement durable : un car au départ du Parc Jean-Baptiste Lebas à Lille le vendredi 11 octobre et deux autres au départ de Paris (réservations au 03 21 63 04 70).
Unité d’art sacré à Gosnay dans un lieu de culte
L’église Saint-Léger de Gosnay est toujours sacralisée. Pourtant, si la commune est toujours responsable de l’activité cultuelle en collaboration avec le diocèse d’Arras (loi de 1905), elle n’en est plus la légitime propriétaire. Incapable d’assumer les coûts des travaux nécessaires à son édifice religieux, Gosnay en a revendu les murs et le toît à Artois Comm. L’artiste René Ducourant dessine les vitraux qui remplacent peu à peu les vitrages blancs de l’église et tapisse les murs de ses oeuvres picturales. Saint-Léger devient ainsi avec la Chartreuse des Dames de Gosnay, une des deux seules unités d’Art sacré en France. Les chants cartusiens de l’ancienne Chartreuse -retrouvés à la bibiothèque du Cap (Afrique du Sud)- sont parfois repris par le groupe Dialogos dans l’enceinte de Saint-Léger y ajoutant l’ambiance sonore. Une activité artistique dense qui ne contrarie pas la bonne organisation du culte.