C’est la question qu’a posée, à l’issue de la diffusion d’un reportage sur le Congo, une étudiante de l’ESJ de Lille. Le reportage montrait la vie et la pénible et interminable attente de centaines de personnes embarquées à bord d’un bateau fluvial devenu un véritable village flottant.
L’étudiante, originaire du Togo, n’a pas caché son émotion devant ces images peignant, sous un angle peu connu, la misère et la difficulté de vivre en Afrique. « Les journalistes occidentaux font-ils du voyeurisme, est-ce cela leur définition du Scoop ? » demandait en substance la future journaliste.
On a appris ce soir là que l’auteur du reportage, un reporter chevronné, a découvert ce sujet (cette réalité) par hasard. Son travail n’a fait l’objet d’aucune transaction financière avec le capitaine du bateau. Il a voulu donné à voir ce que l’on ignore trop souvent ici. C’est cela la définition d’un scoop, comme l’a souligné Edwy Plénel, de Médapart. Rien à voir avec l’info trash et voyeuriste qui ne respecte pas la dignité des gens dont on parle.
Mais la réaction de cette étudiante a donné matière à réflexion sur les différentes manière dont un sujet, une fois réalisé et montré, peut être perçu. Selon l’histoire des personnes et des peuples, le regard ne peut être le même. La responsabilité du journaliste n’en est que plus grande.