Jean-Pierre Nacry, Maryse Barbatte, Christian Delcambre et Alain Mahieu sont venus présenter au Club la Ch’Tribu et le futur Ch’ti Day du 6 décembre 2008. L’association rassemble près de 1500 Ch’tis de France ou éparpillés dans le monde. L’objectif est de parvenir à recenser 10 000 talentueux porteurs d’énergie qui ont quitté le Nord-Pas de Calais mais qui y ont gardé un fort attachement. Des « expatriés » propres à porter la « bonne nouvelle » au profit du développement économique et culturel régional.
Dans son mot d’accueil, Philippe Schröder, président du Club de la presse, se demandait « les Ch’Tis ne sont-ils pas trop modestes ? » Jean-Pierre Nacry qui a dirigé l’APIM (association pour la promotion industrielle de la métropole) acquiesce. De même, souligne-t-il l’absence d’identité régionale. « Seule la candidature de Lille et la région aux JO de 2004 avait su faire tomber les barrières territoriales au sein de la région ». Notre association est née de cet après 2004, voici trois ans. Une idée née au sein d’une « bande de femmes et d’hommes » attachée au Nord-Pas de Calais mais ayant peu de moyens.
Au cours de leurs déplacements, Jean-Pierre Nacry comme Alain Mahieu ont remarqué qu’ailleurs dans le monde, Lille était surtout connue par la "révolution Euralille". Un défi architectural et urbain sans équivalent ailleurs. Puis la région a eu un autre allié avec l’Institut Pasteur. Chaque fois que les fondateurs de Ch’Tribu se déplaçaient pour un salon, une conférence, ils rencontraient des Ch’tis qui se mettent en quatre pour les accueillir, les aider : « on a partout retrouvé les qualités d’accueil, de convivialité ou de solidarité propres à la région ».
La presse locale et régionale profite d’une identité forte

Jean-Pierre Nacry observe que dans les régions dotées d’une forte identité régionale, la presse locale et régionale se porte mieux. C’est le cas en Catalogne, en Bavière, en Alsace ou en... Bretagne. Il fallait donc créer une cohésion capable d’activer un sentiment d’appartenance et de fierté dans le Nord-Pas de Calais. « Dans les régions à forte identité, les gens achètent intelligent : à qualité égale, ils achètent les produits qui sont produits près de chez eux. » Il cite l’exemple d’Arnaud Delbarre : « quand il arrive à l’Olympia, il s’étonne de constater que les livraisons du bar de la salle mythique sont phagocytées par les Auvergnats. Il va devoir batailler dur pour que des bières régionales puissent y être proposées... » .
Ch’Tribu, née en 2005, monte un site web. On y communique « positif » sur les réussites ou initiatives dans la région en matière d’économie, de culture, d’associations, etc. L’objectif est de permettre aux « expatriés » de vivre la région en temps réel via l’Internet. Près de 150 000 Ch’tis existeraient de par le monde. Ils sont ainsi près de 150 à Shangaï, le double à New York et ainsi de suite...
Le 6 décembre, Ch’ti Day
Le six décembre, des groupes de Ch’tis se rassemblent pour faire la fête. Souvent autour d’une bonne table. Avec un menu issu de la gastronomie régionale. Pour y parler du pays. Souvent, une action de solidarité y est liée. Ainsi à Paris, la manifestation (à bord d’une péniche) sera organisée au profit des sinistrés d’Haumont et de ses environs. Près de 300 y sont déjà inscrits. France Bleu Nord participe largement avec son émission « les Ch’tis du bout du monde ». Les témoins mis en valeur dans l’émission sont souvent contactés par le biais de Ch’Tribu ! L’association compte beaucoup sur l’effet réseau et souhaite donc que des habitants de notre région se transforme en vecteurs-relais : convaincre leurs amis et parents ayant quitté la région de se joindre à la Ch’Tribu afin de créer une « task force » d’ambassadeurs capables par leurs relations de fomenter le lobbying nécessaire pour « booster » le développement économique. L’idée motrice de l’association n’étant pas de fédérer mais de susciter les initiatives locales ici ou ailleurs.