Les AMAP sont des associations qui regroupent des consommateurs et des paysans. Chaque semaine, le producteur fournit aux adhérents un ’panier’ de ses produits, généralement des légumes et des fruits, parfois aussi de la viande, des œufs ou du fromage. « Mais, » précise Rémi Top, le responsable du réseau régional des AMAP, « être membre d’une AMAP ne consiste pas uniquement à aller chercher chaque semaine sa part. Les consommateurs participent à la vie de l’association, à la prise de décisions, partagent les risques liés à la culture et gèrent la distribution. »

- Olivier Verschilde, trésorier de l’AMAP de Tressin, Rémi Top, le responsable du réseau régional des AMAP et Christiane Bouchart, conseillère communautaire chargée du développement des initiatives de l’économie sociale et solidaire sur Lille Métropole
Concrètement, les consommateurs s’engagent à acheter à l’avance une partie de la récolte à un prix équitable. Ce système leurs permet de soutenir une agriculture de proximité, respectueuse de l’environnement car raisonnée, voire biologique, de maintenir des fermes sur le territoire et de se montrer solidaires avec les agriculteurs, tout en mangeant des aliments frais, goûteux et de qualité dont ils connaissent l’origine. Quant aux paysans participants, l’AMAP leur assure une pérennité économique et la certitude d’écouler leur production tout en valorisant leur métier. C’est aussi pour eux l’opportunité de se convertir à l’agriculture bio ou de ne plus avoir recours aux produits chimiques grâce au soutien moral et financier des amapiens.
Pour Christiane Bouchart, conseillère communautaire chargée du développement des initiatives de l’économie sociale et solidaire sur Lille Métropole, « les AMAP relèvent trois des défis majeurs de notre société : le défi environnemental car il s’agit d’une production de proximité consommant donc peu de carbone pour le transport, de plus l’agriculture raisonnée ou biologique est moins polluante que les autres ; le défi économique car le circuit de distribution court permet la suppression des intermédiaires et le défi sociétal en créant du lien social et en permettant aux consommateurs et aux producteurs de se rencontrer et de prendre des décisions ensemble. »
Ce lien social est aussi créé à travers des visites et des chantiers à la ferme. Par exemple, les adhérents de l’AMAP du Val de Lys, qui négocient actuellement avec un producteur, lui ont proposé, afin de l’inciter à passer au biologique, de venir eux-mêmes pour désherber le potager.
Les cinq AMAP de la métropole lilloise ont la capacité de fournir des paniers hebdomadaires à 180 familles. Les demandes étant bien supérieures en nombre, les listes d’attente s’allongent. « Dès qu’on parle d’AMAP, on a les clients potentiels », explique Rémi Top. « La meilleure façon d’en intégrer une est de se regrouper pour la créer. » Six nouvelles AMAP devraient ainsi prochainement voir le jour dans la région lilloise et cinq autres projets sont en cours de montage. Trouver les consommateurs est facile. La principale difficulté est de trouver soit un exploitant établi voulant participer à cette aventure (la plupart ne seraient pas prêts à renoncer à l’agriculture intensive et à sortir des systèmes de distribution classiques), soit des terres disponibles pour établir un jeune agriculteur. Pour la nouvelle AMAP de La Madeleine, créée il y a trois mois, la recherche a duré un an.
SC
Pour plus d’informations :
Rémi Top, animateur réseau des AMAP 59/62.
06 34 28 73 25
contact amap5962.org
Sites internet : www.amap5962.org et www.avenir5962.org

- Des adhérents des AMAP de La Madeleine et de Tressin
