Un seul fil conducteur : le Nord. La télévision sur Internet Ch’TiVie verra le jour en septembre, à l’initiative du groupe de communication Sioux et Cie, basé à Mons-en-Baroeul. Dédié à la « ch’ti attitude », ce nouveau support à vocation généraliste surfe aux frontières de l’information et du site communautaire. Emmanuel Debuyck, Pdg du groupe, a présenté son projet en avant-première, dans le cadre des Lundis du Club, le 10 juillet.
Photos : Gérard Rouy
Une télé pour les Ch’tis et tous ceux qui aiment le nord de la France. C’est ainsi qu’on pourrait résumer le concept de Ch’TiVie. Il faudra attendre le 1er septembre pour connaître le contenu exact de ce nouveau média régional. Mais Emmanuel Debuyck, à l’origine du projet, en a donné un avant-goût au Club de la Presse, lundi 10 juillet. « Un seul fil conducteur : le Nord », résume-t-il. Ses rubriques concerneront le tourisme, les produits régionaux, la culture, le sport ou l’économie. Un contenu volontairement « généraliste » pour « attirer le plus d’internautes possible », indique Emmanuel Debuyck. La cible : « les 15-50 ans », amateurs de « la ch’ti attitude », qu’ils vivent dans la région ou à l’étranger : « en Bretagne, en Grande-Bretagne ou en Australie », plaisante le Pdg du groupe de communication Sioux et Cie, basé à Mons-en-Baroeul, près de Lille.
Peut-être des partenariats dans un deuxième temps
Une télévision classique suppose des moyens importants. Grâce au web, Sioux et ses filiales spécialisées dans l’habillage graphique ou la production audiovisuelle sont en mesure de se lancer seuls. C’est d’ailleurs Eye Prod, la filiale audiovisuelle, qui porte le projet. Complètement autofinancé, il s’appuie sur le matériel et les équipes du groupe de communication régional. « On le met en forme avec nos compétences propres, puis nous pourrons envisager des partenariats avec des institutionnels, des privés ou autres », ajoute Emmanuel Debuyck, qui évoque des liens possibles avec « des fabricants de produits régionaux, des sociétés de production [ou] d’autres sites web ». « On ne veut pas donner une empreinte commerciale au site. Cela paraît prématuré. […] Nous n’avons aucun objectif à court terme, sinon d’attirer le public le plus large possible. »

- Emmanuel Debuyck, Pdg du groupe de communication Sioux et Cie
Diffusée exclusivement sur Internet (www.chtivie.fr et www.chtivie.com), Ch’TiVie n’offrira pas de programmes comme on l’entend sur une télévision classique. Tous les documents (clips, reportages, etc.) pourront être téléchargés à toute heure et seront soumis à un système de notation, comme cela existe sur les sites de partage de vidéo (Dailymotion, YouTube…). Le principe : plus un document est visionné, plus il reste accessible longtemps. En cas de faible notation, il est retiré du serveur.
Des vidéos de « une à sept minutes »
Internet oblige aussi à adopter un contenu et un format spécial. La durée des vidéos ira de « une à sept minutes », le cadrage sera plus serré… Des impératifs auxquels devront se plier les réalisateurs qui souhaiteraient profiter de cette nouvelle fenêtre. Selon Emmanuel Debuyck, Ch’TiVie, qui n’achètera pas de documentaire aux réalisateurs de la région, pourrait « offrir une visibilité » à ceux « qui démarrent » ou « qui ne sont pas diffusés » par ailleurs. « C’est un échange », estime celui-ci. Il a par ailleurs entamé des discussions avec des exploitants de cinéma, dont Le Métropole, à Lille. Par le biais des systèmes de notation en ligne, les Internautes pourraient, par exemple, désigner le meilleur réalisateur du mois.
Ce n’est qu’un des aspects du contenu de Ch’TiVie qui, de la fricadelle aux Ch’tis de l’étranger, se veut un média « généraliste ». Pour autant, « on ne veut pas remplacer la presse et ses acteurs régionaux, souligne le Pdg de Sioux. On est plutôt sur des sujets magazine. Faire de l’actualité nécessite des journalistes réguliers. » En effectif de croisière, Ch’TiVie devrait employer 14 personnes, dont trois équipes de tournage (un reporter d’images et un monteur chacune) et une équipe Web. Dix embauches sont prévues d’ici à la fin de l’année.
Le groupe, lui, compte une quarantaine de personnes. Présent dans trois pôles de compétence (image, conseil, marketing) dans le Nord-Pas-de-Calais, en Picardie et en Ile-de-France, Sioux réalise un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros.
Mathieu HEBERT