Emprisonné depuis le 18 septembre 1994 (cinq mois après les massacres au Rwanda), notre confrère Dominique Makeli a recouvré sa liberté ce 13 octobre après avoir été acquitté le 5 octobre par un tribunal gacaca. Ce dernier est une juridiction populaire mise en place pour les faits liés au génocide. Dominique Makeli faisait l’objet d’accusations imprécises contestées par de nombreux témoins.
En octobre 2001, selon le procureur de la République, interrogé en 2001 par Reporters sans frontières, les autorités rwandaises lui reprochaient d’avoir "incité au génocide dans ses reportages". Le procureur faisait notamment référence à un reportage réalisé par le journaliste en mai 1994, sur une apparition de la Vierge à Kibeho (ouest de Butare) et sur une supposée déclaration de celle-ci : "Le parent est au ciel". Pour le procureur, la population aurait interprété ce message comme un soutien divin à l’ancien président Habyarimana et, par extension, à la politique d’extermination des Tutsis. Une version contestée par l’accusé et par de nombreux observateurs sur place.
Sollicité par Reporters sans frontières, le Club de la presse du Nord – Pas de Calais avait accepté de parrainer ce journaliste dans le cadre de ses actions de solidarité et de liberté de la presse.
Outre cette réjouissante libération, le Club de la presse Nord – Pas de Calais se félicite également de la libération d’un autre confrère africain de la presse radio. Moussa Kaka, correspondant de RFI, a en effet été libéré de la prison de Niamey (Niger) le 7 octobre dernier. Il avait été emprisonné le 20 septembre 2007, accusé de soutenir la rebellion touareg au Niger alors qu’il n’y faisait que son travail.