Après le capital risque régional ou les enjeux de la recherche, Eco 121 se penche dans son dernier numéro sur la résurrection de l’ambition ferroviaire, les tensions du marché de bureaux et « la nasse » du nouveau paysage fiscal dans laquelle sont piégées les collectivités.

- L’équipe du magazine : Sophie Pecquet, journaliste, Olivier Verley, directeur de la publication, Olivier Ducuing, directeur de la rédaction, Christian Colard, directeur du développement, et Hélène Delobel, assistante.
Dans ce numéro, en kiosque depuis le 17 février, Eco 121 (un nom formé par l’addition des deux départements, 59+62) décrypte l’actualité économique du Nord-Pas de Calais, comme chaque mois depuis avril 2010. Indiscrets, enquêtes, synthèses, entretien « sans cravate », carnet, le mensuel conserve les mêmes rubriques depuis le début de sa jeune existence.
Eco 121 n’est pas une nouvelle formule de « FACE »
Le changement est ailleurs. Porté pendant plusieurs mois par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Grand Lille, le magazine est désormais édité par une société indépendante, Ecopresse (1), constituée en décembre et basée dans la ruche d’entreprises de Tourcoing. Le numéro de février est le premier à voir le jour sous ce nouveau modèle économique.
La disparition de FACE, le magazine de la CCI, après 23 ans d’existence, avait été décidée l’an dernier par Bruno Bonduelle, alors président de la chambre. Ce dernier avait alors confié à Olivier Ducuing, un journaliste de 46 ans, spécialisé dans l’économie et la vie des collectivités, le projet de mettre en œuvre un magazine économique régional indépendant de l’institution. Ce ne fut pas chose facile, a rappelé Olivier Ducuing au Club, évoquant « des contraintes juridiques et financières » et pointant « la lourdeur d’une certaine technocratie ».
Ces « difficultés » passées, Ecopresse dispose désormais d’une équipe nouvelle, incluant notamment Sophie Pecquet, qui travaillait auparavant pour la Gazette du Nord-Pas de Calais. Le tour de table mêle investisseurs institutionnels et particuliers, ce qui fait l’originalité du modèle. Parmi les 35 chefs d’entreprises qui appuient le projet, on trouve Eric Derely (Sergic, immobilier), Amaury Flotat (AFG, informatique), Jean-Michel Hiolle (Hiolle industries), Eric Guiot (Salti, location de matériel) ou Franck Poulain (Carrières du Boulonnais)… Olivier Verley, patron du groupe Acteo (peintures Theolaur à Seclin), est président d’Ecopresse et directeur de la publication.
Une charte d’indépendance
Le magazine « défend les valeurs de l’entreprise sans être aux ordres des entreprises », souligne Olivier Ducuing, qui a tenu à mettre en place une charte d’indépendance, condition essentielle de la légitimité du titre. Ce fut l’objet de « discussions âpres » avec les investisseurs, reconnaît Olivier Verley. « Chacun des associés s’interdit toute influence, toute pression sur l’équipe, résume-t-il. Le respect de la charte est un point fondamental des statuts. On a fait ce qu’il fallait pour respecter l’indépendance (du titre) ».

- Olivier Ducuing, correspondant des Echos dans le Nord-Pas de Calais, directeur de la rédaction d’Eco 121, est à l’origine de la création du magazine avec Bruno Bonduelle, l’ancien président de la CCI Grand Lille.
Tourné vers les décideurs, Eco 121 navigue sur un secteur déjà occupé par les pages éco des quotidiens ainsi que par les deux éditions départementales de la Gazette du Nord-Pas de Calais et du Journal des Entreprises. Il y a de la place pour le nouveau magazine, affirme pourtant Olivier Verley : « Il y avait un besoin, clairement ». « Nous abordons des sujets insuffisamment traités par les autres titres, dont la PQR », indique Olivier Ducuing, insistant sur les thématiques d’aménagement du territoire, qui intéressent autant les acteurs publics que privés. « Nous ne ferons pas seulement des portraits d’entreprises pour que les patrons aient leur photo dans le journal ». Ainsi l’enquête du mois (« Grand angle »), consacrée à la réforme territoriale ce mois-ci, « prend le temps de traiter un sujet à fond », et ne s’interdit pas de faire grincer des dents.
Alternant infos brèves, dont des exclusivités, et papiers longs, « le magazine a vocation à être lu sur plusieurs niveaux, certains tout de suite, d’autres pour le week-end », explique Olivier Ducuing
A l’équilibre dans trois ans
Encore mal diffusé en kiosque (3,90 euros le numéro), surtout dans le Pas-de-Calais, Eco 121 est disponible par abonnement (30 euros par an pour dix numéros et l’accès web) et sur internet (www.eco121.fr). L’équipe fondatrice prévoit un mix de recettes à 50% sur la pub et 50 % sur les abonnements et table sur une diffusion moyenne de 20.000 exemplaires à terme. L’équipe se donne trois ans pour équilibrer ses comptes. « Nous ne partons pas de zéro, mais nous avons un déficit de notoriété », reconnaît Olivier Ducuing. On ne lui souhaite que de le combler.
Mathieu Hébert
(1) Ecopresse est une société au capital de 450.000 euros. 41% du capital sont détenus par 35 chefs d’entreprises de la région, chacun détenant 1 à 2% du capital. La CCI Grand Lille détient 24,9 % des parts. Le reste est détenu par Nord Création (groupe IRD-Entreprises et Cités, 11%), Finorpa (11 %) et la Caisse d’Epargne Nord de France (11 %).