mardi 22 février 2005
Florence Aubenas, Hussein Hanoun Al-Saadi - Le rassemblement de soutien - 25 janvier 2005
Le rassemblement de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi 25 janvier 2005
Comme il l’avait fait pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, le Club de la Presse Nord - Pas de Calais se mobilise pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi.
Un rassemblement a eu lieu, le mardi 25 janvier, place du Général De Gaulle à Lille, pour apporter notre soutien à la journaliste de Libération et à son guide.
À cette occasion, une affiche avec leurs portraits et réclamant leur libération, a été déployée et affichée sur les façades du théâtre du Nord et du Club de la Presse Nord - Pas de Calais.
Parce qu’aucun lieu au monde ne peut, ni ne doit être interdit à la presse, parce que l’information doit pouvoir circuler librement et partout, nous avons à coeur d’apporter notre soutien à Florence et à Hussein.
L’intervention du 25 janvier de Philippe Allienne Président du Club de la Presse Nord - Pas de Calais
En août dernier, le Club de la Presse a appelé à un premier rassemblement, ici même, afin de soutenir nos confrères Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Quelques jours avant Noël, nous avons tous ressenti un immense soulagement et une immense joie en décrochant les affiches réclamant leur libération. En même temps, nous voulions rester vigilants. Malheureusement, les faits n’ont pas tardé à nous donner raison.
Depuis le 5 janvier, Florence Aubenas, notre consœur de Libération, et Hussein Hanoun Al-Saadi, son assistant irakien, ont disparu à Bagdad. Depuis, nous n’avons aucune nouvelle d’eux. C’est d’autant plus insupportable que, contrairement à ce qui s’était passé pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, aucune revendication ni demande de rançon n’est parvenue. À Libération, le quotidien pour lequel travaille Florence Aubenas, la rédaction se dit persuadée qu’ils sont vivants. Plusieurs éléments semblent accréditer la thèse d’un enlèvement crapuleux.
Quoi qu’il en soit, la mobilisation, non seulement des professionnels de l’information, mais aussi des politiques et de toutes les composantes de la société civile, nous semble plus que jamais indispensable.
On sait que de nombreux médias occidentaux ont renoncé à aller à Bagdad pour couvrir les élections du 30 janvier. D’autres s’interrogent encore. En France, les rédactions réfléchissent de concert. Hier, les dirigeants des rédactions d’agences, de presse écrite et de médias audiovisuels ont lancé un appel conjoint à la solidarité avec Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi.
C’est de toute façon aux journalistes que revient la décision d’aller ou de ne pas aller en Irak et, d’une manière générale, dans les zones dangereuses. Personne d’autre, en dehors de la profession, n’a à leur dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. L’intervention du président de la République, lors de ses vœux, était particulièrement mal venue.
Il est en effet dans l’intérêt de tous que les journalistes puissent travailler partout. Bien sûr, comme l’a dit Arlette Chabot, « aucune information ne mérite la mort d’un homme ou d’une femme ». Mais en allant sur le terrain, comme le fait régulièrement Florence Aubenas, les journalistes le font avec la conviction que le pire serait d’isoler, en les ignorant, des pays ou des parties du monde.
Comme l’ont clamé hier les dirigeants de la presse, « il n’y a pas de liberté sans la liberté d’informer, partout et en tous lieux ». Nous en sommes nous-mêmes convaincus, il ne doit pas y avoir de zone interdite à l’information.
Cela ne veut pas dire qu’il faut fermer les yeux sur la spécificité de la situation en Irak où des groupes prennent les journalistes pour cible. Mais il faut prendre conscience également que ceux qui ne veulent pas de la présence des journalistes ou qui veulent les utiliser comme monnaie d’échange sont soit des terroristes islamistes, soit des mafieux ou des criminels.
Au contraire, les forces gouvernementales, les résistants et le peuple irakien ne souhaitent pas le départ des journalistes. Comme l’a si bien rappelé le père de Florence Aubenas, le travail de Florence, comme celui de tous ses confrères et consœurs, est tout aussi utile aux Irakiens qu’aux lecteurs français et d’ailleurs.
Je voudrais pour finir avoir une pensée pour tous les autres otages et, dans le domaine de la presse, pour Guy André Kieffer et Fred Nérac, dont on est aussi sans nouvelles depuis de longs mois.
Merci à vous tous d’être là. Restons vigilants et mobilisés.
LIBERTÉ POUR FLORENCE ET HUSSEIN !
AL HOURIYA LI FLORENCE AUBENAS OUA HOUSSEIN HANOUN AL SAADI !
Quelques photos...
Photos : Club de la Presse Nord - Pas de Calais /Soizic Baron
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