En octobre dernier, Alexander Pugachev, fils d’un milliardiaire russe et repreneur de « France-Soir », déclarait qu’il envisageait de mettre un terme d’ici la mi-décembre à l’édition papier du quotidien issu de la Résistance fondé par Pierre Lazareff pour en faire un journal gratuit sur l’internet. Avant de se dire prêt à céder le titre pour un euro symbolique. Le passage au 100% numérique du quotidien entraînerait la suppression de 89 emplois dont 76 licenciements sur un total de 117 salariés et une vingtaine de pigistes.
Les 900 signataires du comité de soutien de « France-Soir a un avenir », ainsi que 300 salariés de la profession, avaient manifesté jeudi dernier pour exprimer leur inquiétude quant à l’avenir du quotidien, en demandant au ministre de la Culture et de la Communication de prendre position en faveur de Christiane Vulvert, ancienne directrice générale du journal, qui a proposé une reprise du titre.
Et puis, suite de l’imbroglio, Alexandre Pugachev, qui a la nationalité française, annonçait le 11 novembre sur LCI qu’il votera pour Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle. Réagissant à cette prise de position troublante, la Société des journalistes de « France-Soir » a exprimé sa « vive consternation » en indiquant « Qu’il vote pour la candidate du Front national lors de la présidentielle ne regarde que lui ; qu’il l’affirme publiquement et ès qualité, engage, malgré eux, tous les salariés de l’entreprise qu’il préside et ses journalistes en particulier ».
Dans un communiqué, le syndicat CGT estime quant à lui que « Jamais le Comité Inter CGT et Info’Com-CGT ne pourront accepter que « France-Soir » devienne un nouveau canal des thèses de l’extrême-droite… Si « Présent » est votre modèle au quotidien, les salariés de « France-Soir » souhaitent un autre avenir pour ce grand journal populaire. Dans tous les cas, M. Pugachev, vous devez transformer vos propos en actes et abandonner la direction de « France-Soir » sans tarder ! ».
Diverses personnalités de la presse et des élus ont apporté leur soutien au quotidien, tels que les députés Marie-George Buffet (PCF), Claude Bartolone (PS), Noël Mamère (EE-LV), Jack Lang (PS) et Christian Estrosi (UMP).