vendredi 18 avril 2008
François Schmitt livre ses nouveaux « faits divers historiques »
François Schmitt, qui fait partie des créateurs du Club de la presse, s’amuse tellement à faire revivre les « Faits divers historiques du Nord de la France » qu’il en a déjà tiré deux livres, aux éditions Ravet-Anceau. Le troisième est en préparation. Lundi 14 avril, il était au Club de la presse pour présenter le tome 2.
(Photos : Gérard Rouy)
Le premier tome était sorti il y a un an et demi ; la « suite » était alors promise, elle vient d’être éditée. Gilles Guillon, des éditions Ravet-Anceau, et François Schmitt, ancien journaliste et désormais écrivain, étaient au Lundi du Club de la presse de ce 14 avril, pour présenter la sortie du tome 2 de « Faits divers historiques du Nord de la France ». Le principe ? Revisiter notre passé par « des histoires courtes, des anecdotes », résume Gilles Guillon, qui confie qu’un troisième tome est déjà en préparation. Le premier tiré à l’origine à 3.000 exemplaires, a été épuisée en un an et demi. Il vient de faire l’objet d’un retirage de 2.000 exemplaires. Il a même initié une collection à part entière, intitulée « Les coulisses de l’histoire régionale ». Un autre auteur est en plein travail pour la compléter d’un ouvrage supplémentaire.

- François Schmitt
Qu’est-ce qu’un « fait divers » ?
« Le faits divers, ce n’est pas seulement des histoires de délinquance ou de crime », estime François, qui prend un plaisir certain à se replonger dans les pages de ses deux livres. « Dans ma longue carrière de journaliste (1), on m’a toujours dit que le fait divers était celui qui n’entrait dans aucune autre catégorie. » Il a choisi d’exhumer des archives des « faits historiques souvent importants, parfois dramatiques ou drôles, souvent insolites et le plus fréquemment méconnus. »
Exemple ? Cette facétie, à Arras, d’un journaliste de La République libertaire – « un peu le Canard enchaîné du coin », commente François –, à l’occasion de la visite du président Félix Faure au tout jeune Tsar Nicolas II. « Le train présidentiel devait s’arrêter à la gare d’Arras pour prendre de l’eau », raconte l’auteur. Les 15 minutes d’arrêt ont été mises à profit pour une petite cérémonie officielle, à 11h du matin, sur le quai. Ennuyé par les discours, le journaliste en question a réussi à se glisser dans le wagon-restaurant présidentiel. Accueilli par le maître d’hôtel, qui le prenait pour un officiel, il a même eu droit à un petit apéritif. Ce qu’il s’est évidemment empressé de raconter en détails dans le journal du lendemain. « Il terminait en disant que le Porto du président ne valait pas un clou », s’amuse François.
« Aussi des histoires dramatiques »
Pour autant, touts les chapitres du livre n’adoptent pas le même ton léger. « Il y a aussi des histoires dramatiques », insiste François. Ainsi, celle de « ce percepteur de Beaurains [dans le Pas-de-Calais, NDLR], assassiné par une bande de truands, à laquelle appartenait l’inspecteur de police chargé de l’enquête ! ». Ce dernier a été « en partie confondu par le témoignage d’une adolescente », qui avait assisté à la scène. Naïvement, elle avait déclaré au commissariat : « Si ce monsieur n’était pas de la police, je dirais que c’est lui [l’auteur du crime] ».
Autre exemple : « L’histoire très peu connue de la Gestapo française à Lille, ni plus ni moins une bande de truands qui se livrait à du grand banditisme ». Jusqu’à assassiner un avocat, ancien ministre de l’Agriculture, Paul Tellier.
Beaucoup plus amusant, on lira aussi l’histoire de ce « vagabond qui a répondu en alexandrins aux questions du président du tribunal ». On apprendra par ailleurs que l’actuelle ville d’Hesdin n’a rien à voir avec celle des livres d’histoire, puisqu’elle a été « rasée et reconstruite 7 km plus loin ».
L. F.
(1) François, qui a par ailleurs été pendant 14 ans administrateur du Club de la presse, a notamment travaillé pendant 28 ans à La Voix du Nord d’Arras.
« Faits divers historiques du Nord de la France » (deux tomes parus), par François Schmitt, éditions Ravet-Anceau. 15 euros.
Site de l’éditeur : www.ravet-anceau.fr
Salons du livre et festival de musique
L’édition en général, l’édition régionale en particulier, doit beaucoup aux salons du livre, petits et grands, qui se multiplient un peu partout. Le Lundi du Club du 14 avril a été l’occasion d’en évoquer deux. Le plus connu étant le Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale, qui tiendra sa 7e édition à Arras, le 1er mai prochain. François Schmitt fait d’ailleurs partie des auteurs qui y seront présents.
Les réjouissances commencent dès la soirée du mercredi 30 avril, avec un ciné-concert intitulé « Les jolies colonies de la France ». En dehors des rencontres avec les auteurs, signatures de livres, débats, plusieurs rendez-vous sont proposés autour du cinéaste Jean Renoir : ciné-concert avec la projection de « Nana » (1926), exposition « Les femmes de Renoir » (portraits de 19 comédiennes ayant tourné pour lui) et projections de quatre films. Le 4e prix Jean Amila-Meckert (porté par l’association Colères du Présent et le Conseil général du Pas-de-Calais) sera remis au « meilleur livre d’expression populaire et de critique sociale ». Et puis, un peu partout dans la ville, des animations de rue, des spectacles (1)…

- Patricia Leroy
A signaler également, le 3e Salon du livre de Ronchin, les samedi 26 et dimanche 27 avril, auquel participeront notamment Marie Desplechin, Gilles Warembourg (qui a édité dans la collection Polars en Nord de Ravet-Anceau), Marc Prévost (auteur des « Petit Théâtre de Pierre Mauroy », aux éditions Lumières de Lille), le dessinateur Jean-Michel Delambre… Le dimanche, un cabaret-littéraire sera proposé, avec des intermèdes musicaux de la Compagnie du Tire-Laine, ainsi qu’un spectacle médiéval (2).
Le Lundi du Club du 14 avril, décidément riche, a également été l’occasion d’évoquer le Festival des Violons de la Paix, qui se tient du vendredi 18 au lundi 21 avril, dans 11 communes du Boulonnais. « Pourquoi "Violons de la Paix" ? C’est attaché au souvenir du regretté Yehudi Menuhin [créateur du concours des jeunes violonistes, NDLR] et au message de paix et de tolérance qu’il a délivré », explique Patricia Leroy. Avec des tarifs uniques volontairement bas (6 euros pour tous les concerts, gratuit pour les moins de 20 ans), ce festival a fait le choix de l’accessibilité à tous.
Une cinquantaine d’artistes se succéderont sur quatre jours (3), avec parfois des animations sur les places de marché. Le concert d’ouverture aura lieu au Théâtre Monsigny, à Boulogne, avec l’Orchestre national de Lille, tandis que le lycée Giraux-Sannier, à Saint-Martin-Boulogne, accueillera le concert de clôture, réservé aux lycéens de l’agglomération boulonnaise. A noter encore que le thème l’Amérique latine est associé à ce festival.
(1) Pour plus de détails : www.coleresdupresent.com
(2) Le salon aura lieu au Centre social et culturel La maison du Grand Cerf, de Ronchin. Tél. : 03.20.88.15.45. Site internet : www.maisoncerf.fr
(3) Le Festival est organisé par la Communauté d’Agglomération du Boulonnais et la Région Nord-Pas de Calais.
Site internet : www.violonsdelapaix.fr
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