Condamné à quatre ans de prison pour avoir couvert les émeutes de Gafsa en 2008, le journaliste tunisien Fahem Boukadous a été arrêté ce jeudi. Dans le quotidien Libération, son avocate Radia Nassraoui déclare que c’est une peine « extrêmement lourde, pour quelqu’un à qui l’on reproche uniquement d’avoir fait son travail, c’est-à-dire d’avoir couvert les émeutes dans le bassin minier de Gafsa, où l’on avait tiré sur la foule. Les autorités affirment, ajoute-t-elle, qu’il n’a jamais été journaliste et qu’il est condamné pour participation à une association de malfaiteurs. C’est un peu gros, alors que sur l’acte d’accusation lui-même, Fahem Boukadous est considéré comme “journaliste“. Les autorités s’acharnent car c’est grâce à lui qu’on a eu des images sur ces événements ». Ajoutant que Fahem Boudadous doit en principe purger sa peine à Gafsa, l’avocate ajoute : « Son état de santé est extrêmement grave. J’en ai été témoin, il risque d’avoir une crise d’asthme à n’importe quel moment. Quand on connaît les conditions dures et parfois moyenâgeuses des prisons tunisiennes, on ne peut que craindre pour sa vie. Mais je refuse d’’être pessimiste. Il y a une très forte mobilisation pour Fahem Boukadous, en Tunisie et à l’étranger. Al-Jazira fait un sujet sur lui tous les jours. Les Etats-Unis et l’Europe ont pris position sur ce cas, on peut espérer qu’il sera libéré avant les quatre ans. En tout cas, on va continuer de batailler pour sa libération, et celle des autres défenseurs des droits de l’homme emprisonnés ».
(Source : Libération)