vendredi 18 juin 2010
Journalistes face aux chefs d’entreprises à Douai : un vrai succès !
Une fois n’est pas coutume. Mardi dernier, à l’Ecole des mines de Douai, des journalistes économiques répondaient aux questions des chefs d’entreprises. Une cinquantaine de personnes s’était déplacée pour cette première rencontre décentralisée du genre. Pour Marc Bonpain, responsable du service communication de la prestigieuse école douaisienne, ces rencontres du Club de la presse hors les murs permettent de mettre en relation chefs d’entreprises, journalistes et institutions. « L’information circule souvent mal. Pour y remédier, rien de tel que le dialogue. »
Première question, presque incontournable : les journalistes sont-ils censurés ? « La pire des censures, c’est le journaliste lui-même », a répondu Bertrand Bussière, journaliste économique à La Voix du Nord. L’investigation est également limitée par des moyens matériels. Dans toutes les rédactions, les effectifs se réduisent. Les rédacteurs manquent de temps pour approfondir les sujets. « En 28 ans de carrière, mon métier a complètement changé. On nous demande de produire toujours plus mais avec de moins en moins de temps », a approuvé Geneviève Hermann, correspondante nationale de La Tribune, L’Usine Nouvelle et L’Entreprise.
Quoi de neuf ?
Autre question de la salle : comment sont choisis les sujets. « Nous privilégions clairement la nouveauté et l’innovation », a répondu Anne Castelbou, journaliste-pigiste spécialisée en économie, notamment pour La Croix du Nord, titre qui fait la part belle au PME-PMI. « Tout dépend de la ligne éditoriale des journaux, des exigences des rubriques, des attentes du lectorat », a-t-on ajouté. « Il y a des figures libres et imposées. On ne peut pas passer à côté de la communication des résultats de grands groupes. Il y reste quand même de la place pour des sujets originaux », a résumé Bertrand Bussière. « Le journaliste écrit pour son lecteur. Le lecteur doit apprendre quelque chose », a conclu Geneviève Hermann. Comment joindre les journalistes ? Comment les intéresser ? « Le dossier de presse est un outil mais rien ne remplace la relation humaine. Les journalistes se doivent d’être accessibles pour être en phase avec la réalité. Ils ne travaillent pas dans une tour d’ivoire », a argumenté Géry Bertrande, du Journal des Entreprises, titre facilitateur de « réseaux ».
Différencier les genres
« Il ne faut pas confondre article de presse et publicité. Faire appel à des journalistes nécessite une certaine transparence », a-t-on prévenu. Le débat a également tourné autour de l’information sur internet, de la réalité économique des titres de presse gratuite, de la crise générale des médias, des sources et des conditions de travail des journalistes. Le mot de la fin est revenu à Philippe Allienne, président du Club de la presse : « Notre profession est un métier-passion. Il ne faut pas confondre les genres, entre la communication et l’information. Le rôle du Club de la presse Nord-Pas-de-Calais d’expliquer et de défendre ces deux métiers ! »
G.D.
Photos : G.R.

- Gery Bertrande, le Journal des entreprises, Geneviève Hermann, La Tribune, L’Usine nouvelle, L’entreprise (photo cdlp)

- Anne Castelbou, journaliste-pigiste spécialisée en économie, notamment pour La Croix du Nord et Bertrand Bussière, journaliste économique à La Voix du Nord (photo cdlp)

- Une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement à l’Ecole des Mines de Douai, qui accueillait le Club de la Presse.

- (de gauche à droite) Anne Henry, pigiste à la Croix du Nord, Bertrand Buissiere, journaliste à La Voix du Nord, Gaétane Deljurie, journaliste pigiste et administratrice du Club de la presse, Gery Bertrande, le Journal des enreprises, Geneviève Hermann, La Tribune, L’Usine nouvelle, L’entreprise et Philippe Allienne, L’Antenne et Président du Club de la presse
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