Au lendemain du passage dans la région du train transportant 6,7 tonnes de combustibles radioactifs, suscitant de nombreux mécontentements, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) présentait le mardi 7 juin au Club de la presse son bilan en région Nord- Pas de Calais.
Dans un premier temps, François Godin, chef de la division de Douai, a présenté l’ASN. Crée par la loi de la transparence et de la sécurité nucléaire du 13 juin 2006, celle-ci est composée de 5 commissaires inamovibles, dont les missions s’articulent autour de 4 axes : la réglementation, le contrôle, l’information du public et l’assistance au gouvernement en cas de situation d’urgence.
Bilan pour l’année 2010 et objectifs
En ce qui concerne l’information du public, l’ASN a présenté en mars de cette année le rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France. Les champs de contrôle en région Nord-Pas-de-Calais sont divers : Tout d’abord la centrale nucléaire EDF de Gravelines, la société de maintenance nucléaire de Maubeuge (SOMANU), 12 services de radiothérapie, 2 services de curiethérapie, 14 services de médecine nucléaire. L’Autorité a ainsi réalisé 141 inspections en 2010, dont 34 sur la centrale nucléaire de Gravelines ainsi que 3 à la SOMANU. Evoquant le bilan en lui-même, les commissaires considèrent que les performances de la centrale de Gravelines sont assez satisfaisantes précisant toutefois qu’ils ont demandé à la direction du site nucléaire de rechercher des axes d’amélioration dans la rigueur et la fiabilisation de certaines opérations. Autre bémol, plusieurs évènements qui auraient pu avoir un impact sur la sûreté nucléaire ou sur la sécurité n’ont pas fait l’objet d’un traitement adapté. L’ASN a notamment demandé l’arrêt temporaire d’un réacteur pour corriger cet écart. En ce qui concerne la SOMANU, elle estime que l’exploitation des installations est satisfaisante, néanmoins, le traitement et l’évacuation des déchets radioactifs peuvent être améliorés. Par ailleurs, l’Autorité se fixe comme objectif la maîtrise de l’urbanisation qui s’inscrit dans une démarche de développement prudent au regard de la protection des populations. Elle émet donc des avis sur les projets, les permis de construire dans un rayon de 2 kilomètres autour de la SOMANU et aussi autour de la Centrale de Gravelines. En effet, la loi de 2006 a conduit à un renforcement de l’arsenal législatif en ce qui concerne la maîtrise de l’urbanisation.
Des contrôles précis
Mais les contrôles de l’ASN sont bien plus précis nous a confié Jean-Marc Dedourge. En effet ils concernent toutes les activités nucléaires de proximité pour lesquelles on utilise, en autres, des rayonnements ionisants : radiothérapie, radiologie interventionnelle et industrielle, sites pollués par des substances radioactives (terrils de cendres et terrils de phosphogypse) ou encore la médecine nucléaire, ainsi que le contrôle des laboratoires de recherche.
Souvent critiqué, le nucléaire reste donc au cœur des débats, la catastrophe Japonaise donnant matière à réflexion dans une région avec une centrale nucléaire en bord de mer. C’est pourquoi l’ASN déclare qu’il est important « de tirer le plus complètement possible les enseignements de l’accident survenu sur la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon ». Le mot d’ordre de l’ASN « toujours plus de sûreté » doit donc s’articuler autour de cette catastrophe. Michel Pascal, délégué territorial de l’ASN et parallèlement directeur de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), et François Godin, ont présenté leurs objectifs et priorités de contrôle pour l’année à venir. Tout d’abord, s’assurer que la centrale nucléaire de Gravelines poursuit ses efforts en matière de sûreté, améliorer la sécurité et la transparence dans le domaine du nucléaire médical et enfin promouvoir les bonnes pratiques dans le domaine industriel et notamment en radiologie industrielle au travers de la charte de radiologie industrielle.
A.D.S.