Le Club de la presse a accueilli le 21 mars l’Agence de l’Eau du bassin Artois-Picardie, qui organisait avec l’Education Nationale une conférence de presse à la veille de la 16e Journée mondiale de l’Eau.
(photo à gauche : Sarah et Stella (de g. à dr.), du Parlement des jeunes pour l’eau.)
Le partenariat entre l’Agence de l’Eau Artois-Picardie et l’Education Nationale (académies de Lille et d’Amiens) est une vieille histoire, puisqu’il date de 1976. Mais ce partenariat va s’amplifiant, puisque, depuis 2004, les programmes des collèges intègrent l’eau dans l’enseignement des disciplines scientifiques. Un enseignement actif et co-disciplinaire, où l’élève n’est plus un simple récepteur du savoir de ses professeurs mais devient un acteur qui s’investit dans des projets ayant reçu l’aval de son agence de l’Eau. En 2007, plus d’une centaine de projets ont ainsi été soutenus.
Une aura internationale
L’action menée par l’Agence de l’Eau dépasse les frontières malgré la « petitesse » du territoire couvert. Née voici 40 ans (en 1968), elle s’est hissée comme « une étape fondamentale dans la prise de conscience des habitants de l’importance de l’eau », comme se plaît à le souligner Annick Delelis, ancienne présidente du conseil d’administration de l’agence, qui préside aujourd’hui le district international de l’Escaut. « Cette prise de conscience s’est traduite en 2004 par la Directive cadre sur l’eau », directive européenne très (trop ?) tardivement transcrite en droit français, qui a valu à notre pays d’être condamné pour non-conformité aux règles européennes ayant trait aux résidus urbains et à la dépollution de nos eaux de surface.

- Anne Bouchart et Michel Doffe, les représentants du Rectorat de Lille
L’Agence est également à l’origine du premier Parlement des jeunes pour l’eau (le seul en France à ce jour), le deuxième d’Europe (le premier s’est fondé à Bruxelles). Un parlement présidé par Stella Sirven (du lycée Sainte-Thérèse d’Avila, à Lille) qui conclut des jumelages avec d’autres parlements de jeunes (Moldavie, Slovénie ou Lettonie). Le Parlement des jeunes pour l’eau du bassin Artois-Picardie intervient également aux côtés de ses homologues de La Haye et de Bruxelles dans les travaux du district international de l’Escaut, dont l’objectif est de parvenir à un bon état écologique de l’eau du fleuve en 2015.
Stella est appuyée par sa vice-présidente Sarah Piakowski (collégienne à Wallers) dans les discussions menées avec les autres parlementaires européens, dont elles remarquent la forte prédominance est-européenne. Ces travaux et discussions sont menées sur le temps libre individuel de ces deux élèves, ces actions menées dans le cadre scolaire s’appuyant sur le seul volontariat de quelques élèves et de leurs professeurs. Pourtant, Michel Doffe, inspecteur pédagogique régional de l’académie de Lille, et Anne Bouchart, inspecteur pédagogique régional en Sciences de la vie et de la Terre, le reconnaissent : les jeunes parlementaires y trouvent un prolongement actif de bien des filières enseignées : géographie, physique-chimie, anglais, français, instruction civique...
Formation d’éco-citoyens
Ce volontariat explique sans nul doute que seuls dix des 4.478 établissements scolaires disséminés sur le bassin Artois-Picardie se soient impliqués dans la démarche. Et ce même si Cathy Debut, de l’Agence de l’Eau, remarque qu’il ne faudrait pas que le nombre des jeunes parlementaires régionaux explosât. On note en revanche une vraie progression des projets menés localement par une centaine de classes. « Mais il faut continuer à convaincre les enseignants d’adhérer et d’accepter de s’y engager », souligne Michel Doffe. Les lycéens et collégiens parlementaires iront en mai au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement d’Auxi-le-Château, un moyen d’aborder les réalités du terrain, avant de confronter leur expérience à Anvers les 14 et 15 octobre prochains, lors de l’installation du Parlement des jeunes citoyens de l’Escaut.

- Annick Delelis, présidente du District international de l’Escaut
Une expérience qui pourrait être confortée par la prochaine signature d’une charte de partenariat entre l’Agence de l’Eau et les recteurs d’Amiens et de Lille pour « une éducation durable à l’eau et aux milieux aquatiques ». Des engagements que les responsables actuellement engagés dans le partenariat voudraient étendre aux réflexions menées lors de la semaine de la presse à l’école, pour davantage faire savoir et connaître les réalisations (et leurs enjeux) liées à la requalification des eaux et à leur protection.