« Les plus jeunes découvrent la vie, au début de ce nouveau siècle. C’est la génération de mes petits-enfants. Dans le regard de ces petits-enfants, je ressens, au-delà d’une affection naturelle, un intense désir de savoir, de comprendre d’espérer en demain. Et après-demain. Je ressens une interrogation dans leurs yeux. » Dans l’avant-propos, Léonce Déprez divulgue l’origine de cet ouvrage, histoire d’une riche vie, faite de projections sur l’avenir. Il se souvient de ce dimanche matin où son gendre Patrick Audeber lui dit soudainement : « Vous avez tant fait, tant vécu, tant lutté jusqu’à ce jour. Votre vie est si riche d’étapes, d’efforts, de responsabilités, d’expériences, que vous devriez écrire l’essentiel de ce qu’elle vous permet d’apprendre aux générations nouvelles. » L’écriture peut commencer.
Vous et la presse, c’est une belle histoire ?
Léonce Déprez : « J’ai été patron de presse. La presse, je la respecte. J’ai toujours vécu avec. En tant qu’homme politique, on doit représenter le terrain de la vie réelle. Et la presse, c’est la vie réelle. »
Pourquoi avoir intitulé votre ouvrage « L’envie du futur » ? (1)
L.D. : « C’est pour entretenir le futur, les projets, montrer qu’on peut réaliser de belles choses. Il faut en donner l’envie. Actuellement, il y a une inquiétude partagée et permanente à tous les niveaux. C’est le ressenti de la presse et celui de l’opinion publique. Il faut que les leaders politiques donnent envie, partagent davantage les préoccupations de la population. C’est un constat, car aujourd’hui, on est en train de subir au lieu de se projeter. »

- Léonce Déprez, ancien député-maire du Touquet, a présenté son livre « L’envie du futur » au Club de la presse
Comment l’avez-vous écrit ?
L.D. : « Je me suis posé 47 questions en fonction de mon expérience, avec un fils rouge. J’ai mis huit mois pour l’écrire avec ma collaboratrice. Je pense que les citoyens ont besoin d’un éclairage global. Je parle de mon vécu, de mon expérience. C’est la démocratie qui doit vivre. A l’heure actuelle, nous avons aussi de gros problèmes. Imaginez que 50% des citoyens ne votent plus. Il faut redonner un sens à la République en misant davantage sur l’avenir. Or, aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit. »
Comment l’expliquez-vous ?
L.D. : « Avec tous les problèmes de la vie actuelle, le citoyen a la crainte du futur. Il ne prend plus le temps de vivre. Il se concentre uniquement sur le présent. Il faut réveiller les Français car on ne les motive plus. »
Le futur, c’est une notion qui vous a fortement animé tout au long de votre vie ?
L.D. : « C’est dans ma mentalité. J’ai toujours en tête une citation de Gaston Berger : « je vis en pensant au futur. Le jour qui passe est passé. L’heure qui suit est sonnée. Et seule l’heure compte et le futur. » Il faut donc se battre pour le futur. C’est ce que j’ai essayé de faire en anticipant sur l’avenir. »
Avec votre expérience, quel endroit est le meilleur pour construire le futur ?
L.D. : « A partir de ma région Nord-Pas de Calais. C’est le terrain prioritaire avant la commune car cette dernière est pauvre. Au sein de la Région, il y a au des énergies importantes, des entreprises, des projets. Elle doit permettre aux jeunes générations d’entreprendre et de créer des synergies. La région, c’est le lieu des actions, de l’environnement, des équipements. Et, il ne faut pas oublier non plus l’Europe. »
De collectivités territoriales, il en est fortement question dans cet ouvrage. Que pensez-vous de la prochaine réforme ?
L.D. : « Il faut veiller que la démocratie reste pluraliste, quelles que soient les origines, qu’elle ne soit pas embarquée sur un même navire. La démocratie est au service de la République. Or, cette dernière vit mal aujourd’hui. Il faut aussi conserver les deux tours, notamment lors des élections régionales. »
En un mot, comment définissez-vous votre vision dans ce livre ?
L.D. : « Je suis un éclaireur. Il faut avoir les deux pieds sur terre pour que les propositions soient réalistes. »
Recueilli par Xavier Czaja
(1) Léonce Déprez. « L’envie du futur ». La Voix du Nord éditions. Prix : 19 euros