Depuis le rachat de L’Observateur d’Avesnes, en 1979, Jean-Pierre de Kerraoul, a patiemment monté son petit groupe de presse. Aujourd’hui, Sogémedia est fort de 15 hebdomadaires locaux. Avec des titres créés de toutes pièces (dont L’Observateur de Cambrai, en 1988 et L’Observateur du Valenciennois, en 2000). Si le berceau historique du groupe reste le Nord, il est également présent en Picardie (Le Bonhomme Picard, à Grandvilliers, L’Observateur de Beauvais, créé en 1999, La Thiérache, etc.), mais aussi à Tarbes (La Semaine des Pyrénées, rachetée en 1999), en Savoie (La Vie Nouvelle, à Chambéry, rachetée en 2000) ou encore dans l’Aube (L’Observateur de Troyes, créé en 2001). La dernière naissance remonte à quelques semaines, avec L’Observateur du Douaisis, dont le premier numéro a paru mi-janvier. Un hebdomadaire de 44 pages, au format tabloïd, avec Une en couleurs. Distribué sur l’ensemble de l’arrondissement de Douai, le journal propose beaucoup d’informations de proximité, des pages de « micro-locale » (vie des municipalités, des associations…), de sport, une dizaine de pages « loisirs » et un dossier chaque semaine. L’Année de l’Algérie, la liquidation de l’usine Metaleurop ont, par exemple, été traités. Autre composante importante de L’Observateur du Douaisis : les fais divers. « Cela fait partie de notre positionnement, explique Philippe Martin, directeur du développement de Sogémedia. Nous essayons de les traiter de la manière la plus complète possible. Parfois à chaud, quand cela tombe au moment du bouclage, parfois avec un peu plus de recul que dans un quotidien. » Le numéro 4 de L’Observateur du Douaisis titrait ainsi en Une sur la mort d’une petite fille, dont l’hospitalisation n’avait pas été jugée nécessaire aux urgences de l’hôpital de Douai.
Concurrence stimulante
Côté diffusion, Philippe Martin estime qu’atteindre les 6 000 exemplaires de L’Observateur du Valenciennois, représenterait une belle réussite. Sans pour autant chercher à récupérer les lecteurs de La Voix du Nord, seul journal présent dans le secteur. « Je ne crois pas à ces histoires de concurrence et de lecteurs pris à tel ou tel », assure-t-il, citant l’exemple de L’Observateur de Troyes, « le seul journal (du groupe Sogémedia, Ndlr) qui ne décolle pas au niveau des ventes », alors qu’il n’a face à lui qu’une faible concurrence. A l’inverse, les autres titres du groupe affichent pour la plupart une diffusion payée entre 5 000 et 8 000 exemplaires. « Dans certaines zones, nous avons quatre concurrents en face de nous, précise pourtant Philippe Martin. A Tarbes, par exemple, nous avons La Dépêche du Midi, quotidien régional, La Nouvelle République des Pyrénées, quotidien départemental, plus trois hebdos. A Beauvais, il y a Le Courrier Picard, Le Parisien édition Oise Matin et Oise Hebdo. Là, il y a une vraie concurrence. Je pense que la présence d’hebdos dynamiques est de nature à "booster" les ventes des quotidiens. »
Ludovic FINEZ