Des noms d’éventuels repreneurs du Figaro ne cessent de circuler. Le nom le plus souvent cité est celui de Serge Dassault, le fils du célèbre constructeur d’avions. Mais on parle aussi de Bernard Arnault, l’homme d’affaires d’origine roubaisienne qui est déjà le propriétaire de « La Tribune » et de « Radio Classique ». Derrière vient son éternel adversaire François Pinault, le patron de Pinault-Printemps-Redoute.
La cause principale de ce possible bouleversement est le décès, le 20 juin 2001, de la veuve et troisième épouse de Robert Hersant, Nadine de Vries. Elle jouissait de l’usufruit des biens de son mari et sa mort laisse aux héritiers de Robert Hersant le pouvoir de décision même si ce dernier avait désigné, par testament, Yves de Chaisemartin comme son successeur. Mme Hersant avait été propriétaire et directrice du journal Nantais « L’Eclair ». Robert Hersant avait eu huit enfants, trois garçons et cinq filles, dont deux sont décédés.
Le fils aîné Jacques, mort, fut député du Pas-de-Calais, directeur de Publiprint, et s’occupa jadis de « Nord Matin » lors du rachat de ce quotidien au parti socialiste. Philippe Hersant est le patron de « France Antilles ». De son vivant, son père lui avait constitué un groupe comprenant « Paris Normandie », « Les Dernières Nouvelles d’Alsace » et « l’Union de Reims ». L’autre fils vivant, Michel, dit « Micke » gérant de « Havre-Presse ». Les héritières sont Martine Florence, Christine, Michelle et Caroline, aujourd’hui décédée.
La Socpresse constitue l’autre pilier, de loin le plus important, du groupe. A côté du Figaro, vaisseau amiral, il y a « La Voix du Nord », « Nord Eclair », « Le Progrès », « Le Dauphiné Libéré », « Presse Océan », le « Courrier de l’Ouest » et « Le Maine Libre », sans oublier « Paris Turf ». L’ensemble est dirigé par Yves de Chaisemartin dont nul ne doute qu’il jouera un rôle dans le choix de nouveaux actionnaires.
A noter que le décès de Mme Hersant intervient au moment où le fonds d’investissements américain Carlyle qui possède près de 5% de Figaro Holding , 40% même avec les obligations convertibles, ne cache pas son souhait de se retirer du groupe.
Le contrôle de la Voix du Nord
Le Monde apporte aussi des précisions intéressantes sur la participation de la Socpresse dans la Voix du Nord. Le journal donne le chiffre de 58%, et de 40% pour le groupe Rossel. Le groupe Hersant serait donc largement majoritaire, directement, dans le quotidien lillois, sans même l’appui du groupe du « Soir » de Bruxelles. Un autre événement, mais il n’est pas confirmé au sein de la Voix du Nord. Les derniers chiffres annoncés étaient une participation de 70 % du groupe Rossel et, publiquement tout au moins, rien pour la Socpresse même si M. De Chaisemartin a été désigné administrateur délégué de Rossel pour la Voix du Nord.
Claude VINCENT