Le Parlement hongrois, acquis au gouvernement de centre-droit, vient d’adopter une loi renforçant le contrôle des médias, indique le Figaro (22 décembre). La réforme, qui a d’abord entraîné le regroupement de la télévision et de la radio nationales avec la chaîne satellitaire Duna TV et de l’agence de presse MTI, a aussi créé une Autorité nationale des médias et de la communication (NMHH), un organe de régulation « contrôlé majoritairement par le parti Fidesz, au pouvoir », explique le quotidien, qui précise qu’une proche du Premier ministre, Annamaria Szalai, a été nommée à sa tête. Les médias, publics et privés, auront ainsi obligation de corriger des informations jugées « erronées » par la NMHH, sous peine de lourdes amendes « pour manque d’objectivité politique ». A la demande de la NMHH, les journalistes devront aussi dévoiler leurs sources et soumettre leurs articles avant publication. Ce derniers pourront toujours faire appel à la justice pour trancher, mais seulement « après avoir corrigé l’article incriminé ou payé l’amende. Ce qui, pour nombre de médias hongrois récalcitrants, équivaudrait à mettre la clé sous la porte », poursuit le Figaro. Le quotidien socialiste Nepszabadsag en a déjà fait les frais pour un article publié le 10 décembre sur le « pouvoir décisionnaire absolu » d’Annamaria Szalai au sein de la NMHH. En guise de protestation contre cette nouvelle loi, les unes de plusieurs journaux apparaissaient vides de contenu, mardi 21 décembre. Le 1er janvier, la Hongrie prendra la présidence de l’Union européenne pour six mois.
Source : le Figaro