La boucle est bouclée. Et voilà la raison de la présence de Alban Turpin, directeur régional des ventes de la société Ricard à Vendeville et Sébastien Dejiraud, nouveau chef des services communication, au Club de la Presse NPDC la veille de cette Saint-Patrick qui devient chaque 17 mars une fête d’envergure mondiale.
Ils ont donc expliqué la place qu’occupe le Jameson dans la stratégie commerciale du groupe PR et ce qu’il signifie pour la Saint-Patrick.
En 1989 soit 14 ans après sa création, le groupe Pernod-Ricard rachète le Jameson établi à Midleton depuis 1780. C’est alors un whiskey peu connu dans le monde et moyennement vendu en Irlande. Le groupe veut promouvoir des produits typiques, de terroir comme son bon vieux pastis marseillais, sur des marchés à progression rapide. De fait, un mois seulement après cette acquisition, le Jameson est diffusé dans plus de 140 pays. L’une des forces du groupe, c’est cette capacité à vendre. Peu à peu, Pernod-Ricard va s’emparer de plus de 90% des whiskeys, sans oublier les Bourbons américains et bien entendu les whiskys écossais (sa première acquisition fut le Clan Campbell en 1975).
Un marché en progression constante
Aujourd’hui, si le groupe veut poursuivre cette stratégie faite d’un mélange de puissance logistique mais aussi de recherche de produits très pointus, c’est en se dirigeant vers les vodkas et en particulier, l’une des meilleures au monde, la Suédoise Absolut dont le flacon fut dessiné par Andy Warhol en personne. On est là dans une gamme de top-products qui fait appel à une véritable culture du moment convivial.
Le soleil ne se couche pas sur l’empire Jameson : chaque seconde, 14 verres de Jameson sont bus et la nuit de la Saint-Patrick, de New-York à Brisbane en passant par Moscou ou Buenos-Aires, ce chiffre explose. Paris est en très bonne place avec son célèbre circuit des bistrots irlandais –périple qui nécessite un certain entraînement, la preuve, on y compte de nombreux rugbymen et…journalistes - ! Depuis 10 ans, c’est l’explosion puisque notre pays a fait des whiskies et whiskeys, sa boisson préférée, en apéritif bien sûr. Avec 2 millions de bouteilles vendues chez nous, Jameson a pris sa place dans un marché qui ne cesse de progresser, en grande partie grâce à lui et à une communication ad hoc. N’en prenons pour exemple local que les Irish bars qui commencent à s’ouvrir, de plus en plus nombreux, en Nord-Pas de Calais, certains d’entre eux ont plus de 15 ans, preuve de la solidité du réseau Jameson et des whiskeys en général.
De plus, Jameson doit tout à Saint-Patrick en personne ! Ce serait le saint patron de l’Irlande, ripailleur et bagarreur invétéré dans la première partie de sa vie, qui aurait amené avec lui depuis le continent, ce procédé de distillation de l’orge perlé au VI ème siècle. Cette eau de vie appelée par les Irlandais Uisce Beatha en gaëlique ancien, les moines irlandais en firent ensuite le whiskey. Boisson rude au départ, que les participants à un sport collectif mais guerrier appelé soule en France , puis finalement rugby, consommaient en braillant. Bref, 15 siècles plus tard, l’atmosphère est toujours aussi festive autour de ce bon vieux Jameson, et la soirée du 16 mars dernier au Club de la Presse en a apporté la plus éclatante démonstration !
Bon à savoir
Le whiskey, c’est une triple distillation, le whisky (écossais) deux et le Bourbon (Kentucky et Tennessee) une seule. Il utilise l’orge perlée qui est broyée, séchées dans des fours fermés (en Ecosse, séchage sur feu de tourbe à l’air libre). Ajout de levure qui engendre l’apparition d’alcool, on est déjà à 8 degrés d’alcool puis d’eau très pure. Enfin triple distillation et vieillissement de 5 ans minimum en vieux fûts de chêne.
www.ricard.fr est le site de référence pour des statistiques complètes, produit par produit. Mais disons que 80 millions de bouteilles d’alcools et spiritueux produites par le groupe Pernod-Ricard sont vendues en France chaque année. Le Ricard se taille la part du lion avec 50 millions de bouteilles, le Clan Campbell, scotch whisky , qui fut le premier produit étranger acheté par le groupe l’année même de sa naissance, compte pour 16 millions de bouteilles. Jameson, ce sont 2 millions de bouteilles mais son taux de pénétration ne cesse d’augmenter. Remarquable performance parce que si les Français adorent le scotch whisky, peu d’entre eux, sauf ceux sont irlandophiles, connaissent le whiskey.
Patrick Urbain