« Rompre la solitude »… A partir du 26 mai, week-end de Pentecôte, nous découvrirons ces trois mots repris sur cinq affiches et 600.000 dépliants de sensibilisation. Pour la troisième année consécutive, la Société Saint-Vincent-de-Paul lance cette campagne « parce que la solitude, cette nouvelle misère, est l’une des pauvretés de notre temps qui touche toutes les couches de la société », souligne Christian Verheyde, vice-président du conseil départemental et membre du bureau national de l’association. Il est venu présenter l’action dans le cadre des Lundis du Club, le 14 mai, en compagnie de Bertrand Delattre, président du conseil local de Roubaix.

- (de gauche à droite) Marc Dubois, Président du Club de la presse, Bertrand Delattre, président du conseil local de Roubaix, Christian Verheyde, vice-président du conseil départemental et membre du bureau national de l’association et son épouse
« Il ne s’agit pas seulement des personnes seules ou âgées, précise ce dernier, mais de se préoccuper aussi de l’isolement moral ». Cinq types de solitudes sont ainsi identifiés sur les affiches de la campagne 2007 : l’enfance, les mamans isolées, les ruraux seuls, les chômeurs, les personnes âgées. Membres d’une « association de bénévoles laïcs chrétiens », les animateurs de Saint-Vincent-de-Paul se défendent de tout paternalisme ou prosélytisme. Ils se présentent « comme un mouvement dans l’Eglise et pas comme un mouvement d’Eglise ».
« La charité est toujours jeune ! »
« La charité est toujours jeune ! », proclame le dossier de presse. Celle que pratique la Société Saint-Vincent-de-Paul est une « charité de proximité », explique Christian Verheyde, « un travail de fourmi qui ne se voit pas », précise son épouse. « Nous allons vers ceux qui sont proches de nous, pour des aides alimentaires », mais également pour mener des actions de terrain telles que les visites à domicile, des rencontres dans les maisons d’accueil de jeunes et de personnes âgées, assurer un suivi social, une aide à l’embauche ou encore l’accompagnement scolaire, rappelle ainsi Bertrand Delattre. Des initiatives « 100 % bénévoles », réalisées en lien avec les assistantes sociales et les mairies de quartier par exemple, qui s’ouvrent également à d’autres sensibilités, aux musulmans notamment.
Outre la référence chrétienne à la Pentecôte, la date de lancement de cette campagne a été choisie afin de mobiliser à l’approche de l’été, une période synonyme de solitude pour beaucoup. Cette année, elle veut être « un rappel fort en période électorale », en étant « présente là où sont les pauvres et les solitudes ». La décision (très contestée dans sa forme, NDLR) « du gouvernement d’organiser une journée de solidarité en faveur des personnes âgées nous va bien : nous marchons vers un même objectif », déclare la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Concrètement, « Rompre la solitude » vise trois objectifs : collecter de l’argent, appeler à rejoindre l’association, signaler les personnes en solitude. Plus de 2.200 bénévoles ont participé aux campagnes depuis trois ans. La Société, créée en 1833 à Paris et en 1838 à Lille par Charles-Henri Kolb, sénateur et président de la Chambre de commerce de Lille, compte aujourd’hui 700.000 membres dans 140 pays, dont 900 répartis dans 70 « conférences » en Nord-Pas de Calais.
M. D.
Site internet : www.romprelasolitude.com.