Ouf, ce ne sera pas Candover ! Voilà, à peine caricaturée, la réaction de nombreux observateurs après l’annonce, fin août, du rachat du groupe Voix du Nord par le groupe belge Rossel. Le fonds d’investissement anglais Candover faisait encore, il y a peu, figure de favori dans le rachat du pôle Nord de la Socpresse. Les exigences de rendement de ce type d’entreprise (autour de 15%) avaient en effet de quoi inquiéter. Rossel aurait-il été aussi bien reçu si Candover n’avait pas effrayé à ce point ? Quoi qu’il en soit, Dassault, qui cherche depuis le rachat de la Socpresse à se débarrasser des titres de PQR, n’a visiblement pas trouvé intéressante l’offre de Candover. Reste à savoir si ce coup de théâtre met réellement fin à l’histoire, qui a connu beaucoup de rebondissements. Tout en refusant de « signer un chèque en blanc », plusieurs représentants syndicaux du groupe Voix du Nord ont fait part de leur satisfaction d’être repris par un groupe de presse. Le soulagement se lisait en effet dans le communiqué diffusé par les représentants du personnel, à l’issue du comité d’entreprise extraordinaire de La Voix, le 30 août. Mais le texte insistait également sur l’importance que les promesses faites par Rossel (et elles sont nombreuses) soient tenues. En particulier concernant les investissements à l’imprimerie et la refonte de La Voix du Nord et de Nord Eclair. Les deux titres travaillent en effet à une nouvelle formule, de format tabloïd, qui doit voir le jour en mai prochain. Le projet est piloté par le cabinet parisien Rampazzo et Associés, qui a par ailleurs travaillé sur le nouveau quotidien Planète Amiens (lire page 6). Les axes de travail portent sur des éditions d’une soixantaine de pages, dont 16 en couleur, réparties au début et à la fin.
Rossel a également promis que les départs en clause de cession (dont l’ouverture est automatique au sein des rédactions en cas de rachat) seraient remplacés à 100%. Nul doute qu’au sein de l’entreprise on a scrupuleusement noté tous ces engagements.
Ludovic FINEZ