vendredi 2 avril 2010
Le Club de la presse organise un débat sur l’histoire de la presse arragoise
On a parlé de l’histoire de la presse arrageoise ce jeudi 1er avril à Arras. Journalistes et simples curieux étaient réunis à l’invitation du Club de la presse pour un débat animé par Jean-Claude Visse, auteur du livre « La presse arrageoise 1788-1940 » et Philippe Allienne, président du Club de la presse. L’étendue des connaissances de l’invité principal et la richesse, sous-estimée, du patrimoine de la presse arrageoise ont donné lieu à un exposé passionnant.
C’est la méconnaissance de l’histoire de la presse de la région qui a poussé Jean-Paul Visse à rédiger son livre et l’association La Société des Amis de Panckoucke à l’éditer.
Si la diffusion de la presse est assez tardive dans la région, on va assister à partir de 1790 à une floraison de titres aux origines très variées.
Un patrimoine riche et méconnu
Avant la fin du XIXème siècle, les techniques d’impression, les taxes et les règles imposées pour la création de titres brident le lancement de journaux. Les parutions de l’époque sont en partie le fait d’imprimeurs qui éditent des journaux d’annonces, des gazettes, pour rentabiliser leurs installations. C’est le cas de « L’Abeille de la Ternoise », crée en 1827, dont le nom actuel apparaîtra plus tard et qui traitera de l’actualité locale à la fin du XIXème siècle. On trouve également des parutions éditées par les sociétés savantes (lettres, beaux-arts...) et des titres à vocation politique, ces derniers étant le plus souvent favorables au pouvoir en place. On note tout de même l’apparition de « L’Union, journal populaire » en 1834, crée par les libéraux Frédéric Degeorges et Vincent Leleu, dont l’ambition est de permettre l’émancipation de la population par l’éducation, avec en ligne de mire l’accession au suffrage universel.

- Jean-Paul Visse journaliste et historien, Philippe Allienne président du Club de la presse, François Schmitt journaliste honoraire, Pierre Pirierros journaliste Liberté 62, Marc Dubois administrateur du Club de la presse
L’arrivée des rotatives va considérablement augmenter l’accessibilité de la presse. Avant ce progrès technique, les titres n’atteignaient pas les 1000 exemplaires, favorisant ainsi des modes de diffusion aujourd’hui disparus tels que la lecture à voix haute dans les cafés ou le co-abonnement (plusieurs lecteurs partageaient les frais d’un abonnement). Reflet de son époque, la presse arrageoise va être le témoin de l’ébullition politique qui marque la fin du XIXème et le début du XXème siècle, avec en points d’orgues les deux conflits mondiaux. La presse d’opinion fait son apparition et chaque courant de pensée édite alors son propre journal, par exemple : « Le Propagandiste » (journal des amis de l’Union Soviétique, 1936), « Le Propagateur », « L’Affranchi » (mouvance anarchiste), « L’Enchainé »(ancêtre de Liberté), « Le Révolté »... Le Nord-Pas de Calais étant une région rurale, la presse agricole va également se développer, notamment au cours de la monarchie de juillet, et sera un vecteur de diffusion des nouvelles techniques de culture. On retiendra « L’Agriculture », créée par des agriculteurs républicains qui deviendra par la suite « Horizons Nord-Pas de Calais » et le « Syndicat Agricole ». Ce dernier titre permet de faire la transition avec un autre courant fort de la presse arrageoise et globalement de la région. De nombreux titres ont en effet été lancés sur l’impulsion de l’Église, en réaction aux créations de journaux républicains grand public, « La Croix du Nord » reste le plus connu. Il faut néanmoins noter que tous n’étaient pas revendicatifs. « Le Bulletin des églises dévastées » a par exemple suivi la reconstruction des édifices de culte détruits par les combats. Les guerres mondiales ont généré d’autres titres, par exemple « Le Lion d’Arras », qui donnait des informations sur l’actualité de la ville et deviendra par la suite « Le Beffroi », ou « Le télégramme du Pas-de-Calais » diffusé en zone non-occupée.
Ce rapide panorama dressé par Jean-Claude Visse démontre avec brio l’importance de la presse arrageoise, et par extension de la région, dans l’histoire des médias français. Un sujet à approfondir d’urgence avec « La presse arrageoise 1788-1940 » (1).
N.B.
(1) « La presse arrageoise 1788-1940 » est édité par Lire à Roubaix et la Société des Amis de Panckoucke, Collection Kiosque 59-62, 474 pages, 15€.
La Société les amis de Panckoucke
Née en mai 2005, la Société des Amis de Panckoucke, porte le nom du "premier homme de presse de la région", André-Joseph Panckoucke. Sa vocation est de susciter les recherches de la part d’universitaires, de bibliothécaires, de journalistes, d’historiens locaux sur la presse du Nord et du Pas-de-Calais. Qu’elle soit écrite, audiovisuelle, politique, d’information générale, associative, syndicale...
La société diffuse sous des formes diverses, le résultat de ces recherches. Elle édite trois numéros par an de son bulletin « L’Abeille », dont le titre est emprunté à André-Joseph Panckoucke.Elle vient d’éditer le livre de Jean-Paul Visse sur la presse arrageoise et a pour projet un dictionnaire des journalistes de la région.
Société des Amis de Panckoucke.
13, rue du Château
59100 ROUBAIX
www.panckoucke.org
labeille5962 orange.fr
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