Publicité, mode, illustration, presse… A l’Union des photographes créateurs (UPC), on trouve des représentants de tous ces secteurs et beaucoup d’autres. Née en 1991 du rassemblement de plusieurs entités (1), l’UPC est une association d’environ 1 500 membres, dont le siège national est à Paris. Des antennes existent en région. Renaud Wailliez préside celle du Nord. Vivant des cotisations de ses membres, l’UPC est également subventionnée par le ministère de la Culture et compte parmi ses partenaires des fabricants de matériel, des laboratoires… Il y a deux ans, l’association organisait son premier congrès annuel en dehors de Paris, à Alençon. Une façon de remercier Alain Lambert, ancien maire d’Alençon, qui, en tant que ministre du budget (entre 2002 et 2004), avait relayé les demandes de l’UPC sur la taxe professionnelle. Pour faire court, l’UPC revendiquait que les photographes, au même titre que tous les professionnels indépendants reconnus comme auteurs, ne soient plus assujettis à la TP.
« Le non-respect du code de la propriété intellectuelle »
Après un retour à Paris l’année dernière (au Sénat), l’UPC organise son congrès 2007 à Lille, dans les salons de la CCI, vendredi 19 et samedi 20 janvier (2). Comme à chaque édition, la première journée sera consacrée à l’assemblée générale de l’association et donc réservée aux photographes adhérents de l’UPC. Au programme : « Bilan annuel de l’association et dossiers sensibles, tels que le non-respect du code de la propriété intellectuelle, seront abordés. L’UPC étant bien décidée à endiguer des pratiques illégales, de certains utilisateurs de photographies », précise le communiqué de présentation. « Le rôle de l’UPC est de défendre les auteurs, d’aider [notamment] les jeunes photographes sur les statuts fiscaux, etc. », explique Serge Deleu, membre de l’association et chargé de l’organisation du congrès.

Comme le Club de la presse, via notamment ses réunions du Club emploi, l’UPC est en effet en première ligne pour constater de nombreux abus. Une part importante concerne la réutilisation de photos, que ce soit le fonds d’archives d’un photographe salarié ayant quitté l’entreprise ou encore la reprise d’une photo payée pour une seule diffusion. Des affaires récentes, portées en justice, ont également concerné le statut de créateur des photographes. Avec des questions du type : tout photographe est-il par principe créateur ? Des directives précises (de la part d’un employeur ou d’un commanditaire) sur la façon dont il doit réaliser ses prises de vue le privent-ils de ce même statut ? Les réponses de la justice n’ont pas toujours été les mêmes selon les affaires.
« Une photo de témoignage et d’engagement »
Mais le congrès de l’UPC comprend également une large part –la journée du samedi– ouverte au public (sans inscription nécessaire pour ceux qui ne désirent pas déjeuner sur place). Ce sera notamment l’occasion d’entendre trois photographes, très différents dans leurs styles, parler de leur passion. Le premier sera Benjamin Béchet, qui « travaille beaucoup pour les ONG » et qui pratique « une photo de témoignage et d’engagement », explique Serge Deleu. « C’est vraiment quelqu’un à découvrir », insiste-t-il. Puis, ce sera au tour de Dominique Issermann (3) , « une grande dame de la photo, un peu inclassable », avec « une maîtrise technique extraordinaire, des images très piquées, très nettes… », poursuit Serge Deleu. « Je suis ravi qu’elle ait accepté car ça fait des années que je la tanne… » Le troisième sera Jean-Louis Bloch-Lainé, spécialiste des natures mortes, qui a notamment beaucoup travaillé sur la cuisine japonaise.
Pendant qu’une sélection de leurs œuvres sera projetée, les trois professionnels les commenteront et entameront un dialogue avec le public. « C’est passionnant d’entendre ces gens dire ce qui se passe dans leur tête », assure Renaud Waillié. Le programme du samedi comprend également la présentation des lauréats du Concours UPC-Découverte 2006, ouvert aux étudiants des écoles de photographie. Les membres de l’UPC qui ont édité des livres profiteront aussi de l’occasion pour les présenter, ainsi que les fabricants partenaires, pour présenter leurs nouveautés.
Ludovic FINEZ
(1) Ainsi, l’Association nationale des journalistes reporters photographes et cinéastes (ANJRPC) est membre de l’UPC.
(2) Pour plus de détails, site internet de l’UPC : www.upc.fr
(3) Initialement prévu, Harry Gruyaert, photographe chez Magnum, a dû annuler sa venue pour cause de reportage imprévu.