« La vraie aventure, c’est de partir et découvrir l’Afrique en groupe » affirme Michel Moreeuw, trésorier de l’association, et kinésithérapeute à Lille. En réalité, elle a déjà commencé pour les huit personnes en fauteuils et les huit valides accompagnants qui vont partir. Car un voyage comme cela ne s’improvise pas.
Il n’y a pas de gratuité, tout le monde participe financièrement. Tout compris, un voyage comme celui-là revient à plus de 2 700 euros par personne. Il est donc important de trouver des mécènes. Bernard Desreumaux, responsable de projet, explique qu’il faut se battre à chaque fois pour réunir des fonds. « Certains partenaires sont fidèles, mais on ne peut pas toujours compter sur les mêmes. »
Le voyage est prétexte à « faire se rencontrer deux mondes, celui des valides et celui des non-valides, qui coexistent sans se côtoyer. » Sylvie, responsable de l’action locale insiste : le but sur place, c’est d’abord de rencontrer des gens. Cela fait environ un an qu’ils prennent des contacts.
Les actions sont prévues : voir comment se vit le handicap dans ce pays en rencontrant l’association QASA. Un baptême en ULM organisé par son président les attend. Des interventions dans les écoles - un rapprochement entre une école de Saint-André et une sud-africaine a déjà été fait. Ou encore un safari où ils emmèneront avec eux une douzaine d’enfants défavorisés. En guise de souvenir, ils ramèneront un film, réalisé par deux caméramans professionnels qui les accompagnent.
Dépasser ses limites
Dépasser ses limites, oser, est une des motivations des participants en fauteuils. Il ne leur est habituellement pas possible de voyager à l’étranger. Rien n’est prévu dans les agences de voyages. L’accessibilité de tous les lieux doit être vérifiée à l’avance. Rien ne peut être laissé au hasard.
C’est un grand saut dans l’aventure, en binôme. Chaque personne handicapée a son accompagnant. Entrer dans l’association et dans ce projet « cela change notre vie et notre regard sur tout » explique Carol Delesalle, une accompagnante.
L’association n’en est pas à son coup d’essai. Des voyages en Thaïlande, au Vietnam, au Liban, en Australie et en Inde ont déjà eu lieu. « La démarche est exigeante » avoue Fabienne Liagre, présidente de l’association, « c’est ceux qui partent qui bossent ». Mettre sur pied un projet d’une telle envergure est selon elle, un moyen pour les personnes en fauteuils de montrer leurs capacités tout en apprenant.
Si elles sont capables d’aller au bout du monde, alors rien ne les empêche d’entrer dans la vie active. Argument de poids auprès des les employeurs potentiels. D’ailleurs, Bernard Desreumaux a décroché son premier emploi - dans une banque - à la suite de son voyage au Vietnam.
Avoir un travail est un facteur déterminant pour s’intégrer. Mais c’est malheureusement souvent compliqué. Marie-Pierre Rosay qui travaillait dans le milieu hospitalier avant d’être en fauteuil n’arrive pas à se résigner à « être payée à ne rien faire ». Elle aimerait être requalifiée mais se heurte toujours à des refus. Claude Boitry, ancien médecin de campagne est handicapé moteur depuis dix ans. S’il a quitté la vie active, c’est que le moindre emploi l’empêcherait de toucher son assurance.
Claire Carpentier
L’association
Créée en 1996 sous le couvert de l’association des Paralysés de France, elle devient indépendante en 2001.
350 membres : environ 80 % valides, 20 % handicapés.
Elle est basée majoritairement sur le département, mais a pour but de s’étendre (elle a déjà des membres à Saint-Omer, Paris, Grenoble, en Bretagne...)
Rendez-vous
Boulevard des Associations de la ville de Lille, les samedi 16 et dimanche 17 octobre prochains.
Présentation du film en avril ou mai 2005, au Nouveau Siècle
Contact :
Web : www.aventure-partage.org
E-mail : fabienneliagre free.fr
13, rue des Écoles
59510 Hem
Tél. : 06 11 60 53 00
Fax : 03 20 759 759