La culture du houblon est un élément de l’identité du Nord - Pas de Calais et de sa longue tradition de brasseries. Dans les années 70, 300 hectares de houblon étaient cultivés par 60 exploitants. Maintenant, on ne compte plus qu’environ 30 hectares dans le pays Coeur de Flandre pour 9 exploitants. Un comble pour une région qui se place au second rang français de la production de bière.
Pour Alain Danneels, comme les huit autres exploitants de la région(*), il est désormais impossible de vivre de la culture de houblon. Il n’a pas d’autre choix que de pratiquer la polyculture (céréales,pommes de terre, fourrage, du lait et viande bovine).
Plusieurs facteurs expliquent la crise du houblon. Le manque de rentabilité résulte des bas prix d’achats et la main d’oeuvre est coûteuse. Il est aussi très difficile de résister face aux leaders du marché - Allemagne et États-Unis - tout en répondant aux exigences européennes très strictes. Les exploitants ont des cahiers des charges très précis garantissant qualité et traçabilité.
« On est exigeants avec nous, mais pas avec les productions pas chères venues d’ailleurs » explique Alain Danneels. Et puis il ne faut pas oublier la plante elle-même, qui est capricieuse. « Le houblon, c’est comme le vignoble. La plante s’adapte ou pas à la terre, c’est elle qui décide. Chaque variété possède ses spécificités. »
Il faut ajouter à cela une météo qui, c’est le cas de le dire, fait la pluie et le beau temps en matière de production de houblon. Le vent est l’ennemi numéro un dans la région. À cause du vent, il faut souvent reconduire la plante, qui est grimpante. Il est arrivé que des houblonnières (qui peuvent aller jusqu’à 6 ou 7 mètres de hauteur) tombent en cas de très grosse rafale de vent.
Alain Danneels se souvient même d’un orage qui avait détruit 75 % des houblonnières en une demi heure. On l’a compris, le métier est risqué, les garanties inexistantes.
Le houblon : le fruit de la passion
Heureusement, il reste quelques passionnés pour sauver cette tradition régionale. La culture du houblon, c’est aussi un pan du patrimoine naturel. « Par respect pour tous ces gens dans le temps » et pour leur savoir-faire", Alain Danneels affirme qu’il ne saurait tout abandonner. Il a transmis sa passion à son fils, qui ne veut pas, lui non plus, voir disparaître cette tradition.
Pour sauvegarder ce patrimoine, ses défenseurs veulent faire bouger les choses et démarcher des financeurs. Des aides cofinancées par l’État, la Région, le Département et les collectivités locales sont prévues pour les producteurs.
L’accent a aussi été mis sur le tourisme, avec notamment la deuxième édition de la journée du houblon qui avait lieu le 12 septembre 2004. La Chambre d’agriculture et l’office du Tourisme des Monts-de-Flandre étaient associés à cette journée portes ouvertes.
D’autres manifestations sont à signaler comme la fête de l’Hommelpap qui a lieu tous les deux ans le premier dimanche de septembre à la ferme Beck (producteur de ce « jus de houblon ») ou la fête des moissons à Saint-Jans-Cappel le dernier week-end du mois d’août.
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*Les 9 derniers exploitants de houblon sont :
M. Beck à Bailleul
M. Gombert à Méteren
M. Vancayzeele à Méteren
M. Parent à Méteren
M. Danneels à Steenvoorde
M. Pruvost à Boeschèpe
M. Dekervel à Saint-Jans-Cappel
M. Degryck à Staple
et M. Defief à Laventie - Retour