Serge Dumont, un journaliste belge collaborant pour plusieurs titres francophones, dont la Voix du Nord, a été « molesté », « tabassé », puis « emmené par des personnes non identifiées en civil » mercredi 2 février alors qu’il couvrait une manifestation pro-Moubarak au Caire, selon le journal belge Le Soir, pour lequel il travaille. L’arrestation du journaliste belge est survenue dans un contexte de forte tension, alors que 500 personnes auraient été blessées dans les affrontements entre manifestants pro et anti-Moubarak. Lors d’un contact téléphonique avec la rédaction du Soir, Serge Dumont, de son vrai nom Maurice Sarfatti, a confié avoir « reçu une volée de coups à la figure », avant d’avoir été « emmené chez les militaires, dans l’une des casernes à la sortie de la ville ». « Ils me reprochent d’être un espion », a-t-il ajouté, selon des propos reproduits dans un communiqué du Soir. « C’est d’une absurdité sans nom », a déclaré Baudouin Loos, journaliste au Soir et spécialiste du Proche-Orient, dans une vidéo diffusée sur le site Internet du quotidien.
Serge Dumont assure la couverture de l’actualité du Proche-Orient pour les journaux La Voix du Nord, Le Temps (Genève) et Le Soir. Les trois journaux « ont immédiatement informé les autorités compétentes de leurs pays respectifs, afin d’intervenir auprès des autorités égyptiennes », ajoute le journal belge. Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a demandé mercredi la « libération immédiate » de Serge Dumont. « Il suivait les manifestations en cours en tant que journaliste », a ajouté le chef de la diplomatie belge.
L’Association des journalistes professionnels (AJP) « proteste vigoureusement contre ces procédés qui violent la liberté de la presse et réduisent au silence un journaliste en reportage ». L’association belge « demande instamment aux autorités de poursuivre leurs efforts afin de rétablir Serge Dumont dans son droit d’informer ».
Il est probable que le cas de Serge Dumont ne soit pas le seul. « En raison de la confusion qui a régné au cours de cette journée de mobilisation (mercredi 2 février), il est encore difficile de faire un décompte précis des exactions contre la presse », note Reporters Sans Frontières, qui souligne que Anderson Cooper (CNN), Jerome Boehm (BBC) et Lara Setrakian (ABC News) « ont été agressés par des partisans du président Moubarak ».
Sources : AFP, le Soir, la Voix du Nord, Nord éclair, RSF