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vendredi 20 mars 2009
Le Pas-de-Calais, un département à l’heure olympique
Dominique Dupilet, président du Conseil général du Pas-de-Calais est venu au Club présenter les projets en cours en relation avec les J.O. de Londres en 2012. Dès l’annonce du choix de la capitale anglaise pour l’organisation des XXXe Olympiades, le président Dupilet, comme le Syndicat mixte de la Côte d’Opale, a annoncé leur intention de faire de la région, et notamment du Pas-de-Calais, la base arrière des sites olympiques. A mi-parcours, il importait de faire le point sur l’avancée de la réflexion, des projets voire des investissements ou travaux en cours.
Dominique Dupilet a tenu d’entrée à désamorcer l’acrimonie supposée entre son département et le voisin du Nord : « Voici quelques années j’ai participé à l’engagement en faveur de la candidature lilloise pour les JO de 2004. Je suis donc heureux de me trouver à Lille aujourd’hui, même si je pense que les J.O. de Londres en 2012 sont d’abord une opportunité pour le département du Pas-de-Calais ».
Pas pour trois semaines seulement
« Cette opportunité ne concerne pas seulement les trois semaines que dureront les Jeux d’Eté. Cela va nous permettre aussi de combler notre important retard en matière d’équipements sportifs. Car, pendant très longtemps, il n’y en a eu que pour le stade Bollaert ou celui de Liévin. 2012, ce sont deux défis : sensibiliser la population au sport et faire passer le nombre de licenciés dans un club sportif de 300 000 à 400 000. Le sport est à la fois vecteur d’insertion sociale et vecteur de communication. Mais je dois aussi sensibiliser les élus aux nécessités du développement sportif : les équipements serviront aux entraînements olympiques (avant et pendant les Jeux) mais aussi après. Pour cela nous avons commencé par recenser l’existant et pris contact avec les différentes fédérations sportives afin d’intégrer notre département dans le calendrier des grands événements ».

- Dominique Dupilet, et Philippe Schröder, Président du Club de la presse
« Lors des Jeux, nous présentons l’atout d’une acclimatation et d’un coût d’hébergement moins onéreux qu’à Londres ou ses environs. Nous avons donc la possibilité d’accueillir des équipes moins favorisées financièrement que celles des Etats-Unis ou de la Chine. Pour être encore plus proches des sites olympiques, nous avons négocié avec Eurotunnel, l’ouverture d’une ligne ferroviaire Lille-Calais-Ashford sans lien avec Eurostar. De même, doit-on recenser les capacités et inciter nos habitants à accroître les accueils en Bed and Breakfast. Car nous ne serons qu’à une heure des sites olympiques. Nous pouvons imaginer qu’après une journée passée aux Jeux, les gens puissent avoir envie de s’offrir une détente en soirée voire la nuit. Cela suppose de proposer des animations qui fassent goûter la french touch of life à nos visiteurs du moment ».
Au moins 20 millions d’euros
L’ensemble des programmes bénéficie déjà d’une ligne budgétaire de 20 millions d’euros. Mais ce montant pourra être abondé. C’est donc un premier engagement. Les intercommunalités du Pas-de-Calais devrait s’engager pour près de 100 millions d’euros. « Je serais très heureux que l’ensemble de nos partenaires s’engagent fermement sur les divers budgets (conseil régional, intercommunalités, Etat, Europe, voire parfois département du Nord) ». Pas forcément de maîtrise d’ouvrage car selon son président, le Département n’a pas pour objectif de devenir multipropriétaire des équipements sportifs. « Nous assumerons des maîtrises d’ouvrage par défaut. Nous préférons nous focaliser sur l’animation de ces équipements ». Les projets touchent de très nombreuses disciplines.
Il y a ainsi l’athlétisme, la lutte, le judo et la boxe, le tir à l’arc, à l’arbalète, le nautisme (course en ligne, course en eaux vives ou voile légère) le cyclisme (vélodrome ou piste de BMX), l’escrime, le basket, le beach-volley et le badminton, l’escrime, la gymnastique et l’haltérophilie, le football, le basket féminin, l’équitation, le tennis de table ou encore le rugby. Des projets qui couvrent tant la création ex-nihilo que la rénovation-extension. Bon nombre de ces équipements seront davantage orientés vers les Jeux Paralympiques où Berck-sur-Mer offre de superbes atouts. Ces projets maillent l’ensemble du territoire et certains bénéficient déjà du label CIO (Comité international olympique).
Une ouverture sur le monde
Si l’objectif poursuivi par le département est un développement via le sport et le tourisme, il en est un qui tient également au coeur de Dominique Dupilet : l’ouverture du département au reste du monde. Déjà, les J.O. sont une fenêtre sur le monde par le biais d’autres cultures ou d’autres langues. Ainsi des contacts ont-ils été noués avec plusieurs comités olympiques nationaux : Sénégal, Ouzbekistan, Pays Baltes, Afrique du Sud, Algérie, Egypte... « Nous devons accentuer nos efforts vers l’Amérique du Sud ». Selon son président, le Département du Pas-de-Calais devrait accueillir de nombreux gymnastes mais aussi des sportifs français en lutte, boxe, volley-ball ou rugby. Cette fenêtre sur le monde, cette ouverture doit être renforcée en collaboration avec le Kent County Council : la création d’un lycée international franco-britannique est programmée à Boulogne/Mer. Le tourisme chez l’habitant va être encouragé : « Ma maison sera ouverte pour des Beds and breakfast ». Le Pas-de-Calais entend dynamiser les échanges avec son partenaire anglais, le Kent. « Le lien transmanche permet aux Anglais de venir chez nous. Il doit aussi servir nos compatriotes et leur permettre plus de week-end ou de vacances en Grande Bretagne. Je nourris le projet d’ouvrir dans le Kent un centre d’hébergement pour adolescents ». A la remarque d’un confrère signalant l’absence de voiture voyageurs parmi les navettes hors Eurostar, Dominique Dupilet précise : « Eurotunnel et Eurostar vont bientôt renégocier leurs contrats avec les collectivités territoriales. Nous allons pouvoir exiger des navettes « piétons » dans les trains sous la mer ». Enfin, le président du Conseil général du Pas-de-Calais déplore un tourisme hôtelier qui ne s’oriente qu’au sud : « nous devons encourager une approche nordique du tourisme hôtelier. Quand la météo est défavorable, les hôteliers artésiens doivent être capables de proposer des animations propres à agrémenter le séjour de leurs clients ».
Questions d’actualité
A l’issue de la conférence liée aux J.O. 2012, Dominique Dupilet s’est soumis à quelques questions d’actualité.
Avez-vous vu le film Welcome et qu’en pensez-vous ?
Je ne l’ai pas encore vu mais j’irais probablement le voir. J’ai beaucoup lu et entendu sur ce film qui n’est pas le premier sur ce sujet mais les précédents ne bénéficiaient pas d’une distribution aussi prestigieuse. Quoiqu’il en soit, un tel film montre à quel point la fermeture en décembre 2002 du Centre de Sangatte n’a rien résolu. Le ministre de l’Intérieur de l’époque (Nicolas Sarkozy NdlA) avait déclaré alors que le problème était réglé. Il était appuyé, à l’époque, par Jack Lang, nouveau député du Pas-de-Calais. On n’a plus alors entendu parler des migrants à Calais puisque tout y étais supposé réglé. Le problème m’intéresse d’autant plus que je suis à l’origine avec Yannick Imbert - alors sous-préfet de Calais, devenu plus tard chef de cabinet de Mme Rachida Dati – de l’ouverture du centre de Sangatte prévu initialement pour accueillir quelque 300 Kosovars fuyant le conflit pour gagner la Grande-Bretagne. Et Calais en est géographiquement le lieu le plus proche. Depuis l’origine des migrants a évolué au rythme des conflits et crises en Europe Centrale, Asie ou Afrique sans que rien n’ai réellement évolué dans ces situations d’errance. Les associations d’aide à ces populations doivent être encouragées et soutenues. En outre, dans ce film, un jeune migrant de dix-sept ans apprend à nager. Les leçons de natation aux mineurs sont financées en large part par le Département du Pas-de-Calais. L’accueil des jeunes migrants, leur hébergement et leur suivi éducatif sont une de nos missions. Ce film m’apparaît comme un excellent moyen de faire savoir à la Présidence que rien n’a été réglé par la fermeture de Sangatte !
Le comité Balladur vient de rendre son rapport. Pouvez-vous nous donner votre sentiment sur ce sujet ?
Tout n’y est pas mauvais. A commencer par la louable intention de désépaissir le mille-feuilles administratif auquel sont confronté nos concitoyens. Il importe en effet d’y voir plus clair. Par contre, enlever la clause de compétence générale aux régions et aux départements en cette période de crise dénote un tempo mal apprécié. Maintenant, il nous faut attendre le texte de la loi...
Sur ce même sujet, alors qu’on parle de donner à Lille un statut de grande métropole, quels sont vos rapports avec le département du Nord et avec Lille ?
De même que ces JO sont une chance pour le Pas-de-Calais, je pense que le Nord est la chance du Pas-de-Calais. Nous avons la surface et la capacité d’être le poumon de Lille. La rénovation de l’habitat dans le Bassin Minier est une chance pour la métropole régionale de même que la rénovation ou la création de lignes ferroviaires entre Lille et Arras, Lille et Lens, etc. Dans le cadre d’une extension urbaine, d’un grand Lille, nos communes ont des atouts à faire valoir. Déjà, Le Touquet comme Hardelot sont des banlieues lilloises. Lesquin est l’aéroport du Nord et du Pas-de-Calais.
Une réponse appuyée par Philippe Schröder, actuel président du Club de la presse Nord-Pas de Calais, originaire de Lens, qui affirme : « Notre Club se positionne en tant que club régional. J’ambitionne qu’il puisse disposer d’une adresse physique dans le Pas-de-Calais et qu’il serve davantage les collègues artésiens. De même, lors des J.O de 2012, je pense que les journalistes du Pas-de-Calais doivent se mobiliser pour développer un programme d’hospitalité en faveur des journalistes étrangers, notamment pigistes qui sont de plus en plus nombreux ailleurs comme ici ».
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