<p>La loi sur l’eau de 1964 a créé six bassins hydrographiques dans lesquels six agences de l’eau, établissements publics de l’Etat sous tutelle du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et sous celle du Ministère chargé des finances agissent pour concilier gestion de l’eau et développement économique dans le respect de l’environnement.</p>

 
 
 

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jeudi 11 septembre 2008

Le sang, une matière première encore gratuite mais ...

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La FIODS (fédération internationale des organisations de donneurs de sang) réunit ses conseillers médicaux en colloque les 12 et 13 septembre à Lille. Le docteur Marie-Emmanuelle Behr du Conseil de l’Europe ainsi que le docteur Bernadette Worms, du ministère de la Santé y participeront. L’objectif de la réunion est de libeller un texte pouvant servir de base à la prochaine directive européenne réglementant les dons du sang. Mais aussi de redéfinir les conditions de collecte et la formation des personnels chargés de celle-ci. Les organisateurs sont venus en présenter les grandes lignes au Lundi du Club du 8 septembre.

Photos : Philippe Armand

L’Europe du don du sang est des plus hétéroclites. Si le don volontaire et non rémunéré concerne la majorité des pays européens, le don peut être rémunéré en Autriche, en Allemagne et en Suède ou encore dans les pays baltes. De même, les méthodes diffèrent : 92 % des dons britanniques se font en unités mobiles de prélèvement, aucun en Belgique ou en Norvège (lieux fixes uniquement). Certains pays fractionnent eux-mêmes le sang en ses différentes composantes d’autres n’utilisent que le sang global ou les basiques globules blancs ou rouges, achetant les composants sanguins tout faits par ailleurs. La France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne sont auto-suffisants quand certains états voisins doivent importer du plasma ou des produits finis.

Une Europe du sang à construire

L’Europe de la transfusion sanguine est donc encore à construire. Et l’Europe, comme d’autres structures institutionnelles se trouve confrontée au choix entre une éthique gratuite et des intérêts commerciaux fortement mis en avant par les lobbyistes. La FIODS, comme le Conseil de l’Europe, prône un don bénévole basé sur le volontariat : le meilleur donneur (celui dont la qualité du don pose le moins de tracas) est celui qui, altruiste, donne au moins deux fois par an sans compensation ni rémunération aucune. Mais si ce don bénévole fait du sang une matière première gratuite, les produits de transfusion ont eux un coût qui peut être élevé.

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Le docteur Jean-Jacques Huart, directeur de l’EFS Nord, laisse la parole à Jacques Farenc, son directeur des relations exterieures pour expliquer ce que seront les deux journées du colloque.

Le sang est de moins en moins transfusé tel quel. Bien souvent, il a été préalablement fractionné et le transfusion ne concerne plus que l’un ou l’autre des composants ainsi séparés. Une procédure industrielle qui nécessite de lourds investissements et une technologie de pointe. Rappelons que l’Etablissement français du sang Nord de France accueille au 10, Boulevard de Belfort à Lille, l’une des deux unités de fractionnement du Laboratoire français de fractionnement et des biotechnologies (LFB). Cette unité de 920 salariés consomme quelque 80 000 litres d’alcool par an (un site Sévéso).
Le LFB a pour mission le développement des médicaments de substitution sanguine, répartis en quatre familles : coagulation avec le facteur VIII antihémpophilique, le facteur VII, le facteur VII activé, le facteur IX et le facteur von Willebrand ; l’anesthésie-réanimation et certains usages particuliers : albumine 4 % et 20 %, antithrombine III, alpha 1-antitrypsine, protéine C, fibrinogène, PPSB et albumine pour les grands brûlés ; les immunoglobines (produit à la mode) et parmi-elles l’antitétanique et certains biomatériaux comme la colle biologique. Le LFB produit naturellement un certain nombre de produits basiques tels les concentrés de globules rouges (accidentés de la route), de globules blancs (leucémiques), de plaquettes.

Le don du sang = le don de la vie

Si certains de nos voisins sont dépendants d’achats extérieurs, la France est autosuffisante mais cela n’empêche pas de bien gérer des stocks fragiles et, hormis les plasmas congelés, à durée limitée (le sang total ne conserve que 42 jours). Certains composants ne « vivent que quelques heures. Il faut donc veiller à un approvisionnement constant pour fournir quelque 8 800 poches par jour ». Jean-Jacques Huart, directeur de l’EFS Nord de France, constate : « il ne servirait à rien qu’une campagne nous apporte 200 000 donneurs en un jour car nous serions obligés de jeter un important volume inutile. Il nous faut de la régularité dans l’approvisionnement. » Or, les 63 millions de Français ne peuvent pas tous se porter volontaires pour donner leur sang : il faut avoir entre 18 et 65 ans, jouir d’une bonne santé, peser plus de 50 kg, ne pas être en état de grossesse ou de post accouchement (délai de 6 mois), ne pas avoir subi de transfusion ou de transplantation. De nombreuses contre-indications existent ce qui réduit le nombre des donneurs potentiels à 7 millions de citoyens. Actuellement, on dénombre 1,7 million de donneurs pour 2,5 millions de dons annuels. Le Nord-Pas de Calais fournissant 12 % de l’effectif, notamment par quelques très grosses associations de donneurs bénévoles présentes au sein de grandes entreprises (SNCF, La Poste, la Cristallerie d’Arques ou Les Trois-Suisses...) et près de 3 300 000 dons. Entre deux dons, il faut un intervalle d’au moins huit semaines. Il n’en reste pas moins que ces donneurs vieillissent et que Gérard Vanhove, vice-président de la Fédération française des donneurs de sang bénévoles regrette : « il y a de très grosses campagnes contre l’alcool ou le tabac mais nous réclamons depuis des années une campagne de cette ampleur en faveur du don bénévole de sang, sans résultat ».

Refuser la marchandisation du vivant

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Gérard Vanhove, vice-président honoraire de la fédaration française des donneurs de sang bénévoles et conseiller auprès de la FIODS détaille le dossier de presse.

L’un des grands enjeux du moment reste la gratuité du don. « Si on commence à rémunérer le don du sang, c’est la porte ouverte à tous les trafics d’organes ! », s’emporte Gérard Vanhove qui avoue être inquiet des manœuvres lobbyistes de certains grands groupes pharmaceutiques. Ce choix entre don éthique bénévole et don rémunéré n’est pas encore totalement arrêté en Europe même si de nombreuses recommandations vont dans le sens du bénévolat. « Mais ce ne sont que des recommandations. En France, une loi interdit de rémunérer le don du sang mais c’est l’un des seuls états à avoir une telle disposition. » Reste que le marché du sang européen totalise quelque 150 millions d’Euros par an et que l’émergence économique de pays devrait augmenter les profits. Parallèlement, la rémunération des dons est en train de rendre exsangues certains états parmi les plus pauvres.

Dans la communauté européenne, les deux directions générales de la Santé et de l’Industrie s’opposent sur la question. Une posture commune européenne pourrait être une des suites de la réunion lilloise. Car les conseillers médicaux des organisations de donneurs de sang bénévoles européens ont plus que jamais un message professionnel, médical et éthique à faire passer auprès de nos institutions mais aussi des relais d’opinion.

Un point presse se tiendra immeuble Forum, rue Gustave Delory à Lille, le samedi 13 septembre à 11 heures sur le lieu de collecte des dons du sang. Un point presse où le président danois de la FIODS ainsi que le président italien du Comité continental européen de la FIODS seront présents.


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