Selon Le Canard enchaîné de ce mercredi 3 novembre, dans un article signé par son rédacteur en chef Claude Angeli, le président de la République « supervise personnellement » l’espionnage de certains journalistes un peu trop effrontés, chargés de la couverture d’affaires sensibles. Affirmation aussitôt démentie et qualifiée de « totalement farfelue » par l’Elysée à l’AFP.
Citant des sources anonymes au sein de la Division centrale du renseignement intérieur (DCRI), l’hebdomadaire satirique assure que « dès qu’un journaliste se livre à une enquête gênante pour lui ou pour les siens », le chef de l’Etat « demande » au patron de la DCRI Bernard Squarcini de « le mettre sous surveillance ». « Un groupe » composé de « plusieurs anciens policiers des RG » aurait été mis sur pied à cet effet. Ces hommes « se procurent les factures détaillées du poste fixe et du portable du journaliste à espionner ».
Pour illustrer cet article, le Canard donne l’exemple de la plainte contre X déposée par Bernard Kouchner pour connaître ses sources. Cette plainte a valu à « un bon nombre de membres du Quai d’Orsay » d’être convoqués au siège de la DCRI. Il évoque aussi la consultation illégale de relevés téléphoniques des journalistes travaillant sur l’affaire Bettencourt, dans le but de connaître leurs informateurs ainsi que les cambriolages du Monde, du Point et de Médiapart. Cambriolages qui « pourraient avoir été confiées à des officines et non — sous réserve d’inventaire — à la DCRI ».
Claude Angeli affirme que certains membres de l’entourage de Nicolas Sarkozy « ne font pas mystère de ces mauvaises manières », à l’instar d’Henri Guaino, conseiller spécial du président, qui aurait expliqué devant des diplomates au printemps dernier : « Les journalistes, on les cadre. »
Quant à Nicolas Sarkozy, interrogé le 29 octobre dernier à Bruxelles sur l’affaire des cambriolages, il a déclaré « ne pas se sentir concerné » sans pour autant les condamner.