Eugène et Marie-Claude Urban sont les parents d’un garçon de 28 ans, autiste. Tous deux issus de l’enseignement, ils ont créé Autisme Nord en 1995. Une association parmi d’autres mais dont l’action s’articule davantage autour de l’éducation qu’elle ne se préoccupe de l’aspect soin médical. Leur but ? Permettre aux autistes d’évoluer au travers d’apprentissages vers plus d’autonomie sinon vers l’indépendance totale. Ils sont venus au Club le 25 mars pour annoncer une conférence ouverte au public que le Professeur belge Ghislain Magerotte donnera au Furet du Nord, le samedi 4 avril à 10h30.
Le week-end des 4 et 5 avril auront lieu les Rendez-vous de l’Autisme. Une initiative d’Autisme France, réseau national dont Mme Urban a été présidente. Leur objectif est d’aider les parents à trouver des solutions actives profitant à leurs enfants handicapés. Pour Autisme France, et donc pour Autisme Nord, le chemin incontournable pour permettre à l’enfant autiste puis à l’autiste adulte de vivre parmi la société « normale », c’est l’éducation. Tel est le résultat du cheminement entrepris depuis leur première rencontre avec le Pr Magerotte à Péruwelz-Bonsecours il ya près de 20 ans. Le Pr Magerotte travaillait alors au sein du SUSA (service universitaire spécialisé pour les personnes autistes). Il intervient comme enseignant-chercheur auprès des familles. Spécialiste de la méthode ABA (Applied Behonval Analysis ou analyse appliquée du comportement) qui est une méthode d’apprentissage basée sur la répétition, il est l’un des grands spécialistes européens de l’autisme. La France accuse un net retard quant aux structures d’accueil et à la recherche appliquée sur l’autisme qui touche pourtant un enfant sur 165 (un garçon sur 94).
Les enseignants de la région davantage sensibilisés

- Eugène et Marie-Claude Urban au coté de Laurent Vitoux, Directeur régional de France Télécom
Longtemps considérée comme une maladie à caractère neurologique ou psychiatrique, l’autisme a mis longtemps à être intégré dans les handicaps. Les lois de 2002 puis de 2005 imposent la scolarisation des enfants handicapés. Pour les autistes, l’application de la loi est encore de l’ordre du souhait, faute de places ou de structures. Certains enfants autistes suivent néanmoins une scolarité « normale ». Dans le Nord-Pas de Calais, les enseignants sont sensibilisés à ce type de handicap. Ainsi un film a été réalisé en deux étapes (1996 puis 2007) et montre cinq autistes, quatre garçons et une fille à l’institut médical adaptatif de Montigny-en-Ostrevent. La seconde partie a été tournée dans la Ferme au Bois à Genech (59), structure d’accueil pour autistes adultes (26 résidents auxquels s’ajoutent six externes). On peut y découvrir ces mêmes cinq autistes, l’apprentissage suivi par chacun et l’organisation de leurs journées. Les parents, et les enseignants, peuvent aussi s’informer auprès d’un centre de ressource autisme installé dans le parc Eurasanté.
D’autres associations, tel le réseau Sésame, sont davantage axées autour de la problématique médicale sans qu’il n’y ait de rivalité entre les divers réseaux. Autisme Nord travaille de concert avec Opale Autisme et nourrit d’autres projets : un centre d’accueil doublé d’un ESAT ou établissement et service d’aide par le travail (les ex CAT) et un autre centre sur Attiches. Une réflexion a également cours sur l’accueil des autistes vieillissants. En outre, les réseaux d’Autisme France envisagent la création de centres d’accueil pour des séjours de vacances spécialisés.
Ces projets trouvent un écho positif auprès de la Fondation Orange (auparavant Fondation France Telecom) qui, depuis 20 ans, soutient des projets dans trois domaines : la santé et le handicap (dont les autistes) ; l’éducation et notamment la lutte contre l’illettrisme et l’accès international des filles à l’école ; la culture à travers l’élargissement aux pratiques collectives (comme c’est notamment le cas pour le chant choral). Même si selon Laurent Vitoux, « les associations du Nord-Pas de Calais n’ont pas suffisamment le réflexe du mécénat ou du recours aux fondations d’entreprises dans notre région ».