Jean-Claude Westermann, directeur de la DRASS Nord - Pas de Calais, accompagné d’un ingénieur sanitaire, une épidémiologiste et un médecin urgentiste, a souligné l’importance de l’information et de la prévention pour faire diminuer le nombre de victimes du monoxyde de carbone. En effet notre région connaît le plus grand nombre d’intoxications en France : 605 cas sur 3018 au plan national, dont 5 ont entraîné le décès du patient.
Une situation régionale préoccupante
Christophe Raoul, ingénieur sanitaire, est revenu sur les causes des intoxications. Le monoxyde de carbone apparaît lors d’une combustion incomplète du bois, du gaz, du pétrole ou du fuel. Trois causes principales sont avancées : le dysfonctionnement des appareils de chauffage et chauffe-eau, une évacuation d’air ou une quantité d’oxygène insuffisantes. Ces aspects techniques n’expliquent pas à eux seuls l’ampleur du phénomène dans notre région. Hélène Prouvost, épidémiologiste, a mis en avant le fait que le gaz et le charbon, impliqués dans la majeure partie des cas, y sont encore très utilisés pour le chauffage. Son bilan met également en lumière une forte saisonnalité des intoxications, avec un redémarrage brutal entre les mois de septembre et octobre, début de la période de chauffe. Cela pourrait s’expliquer par un manque entretien des appareils de chauffage. Enfin des particularités météorologiques entrent également en jeu. En hiver des périodes de redoux entraîneraient des pertes d’aspiration des cheminées et une mauvaise évacuation des gaz.
On note toutefois que ces chiffres sont en baisse par rapport à ceux de l’année précédente. Le travail de prévention et les incitations à la modernisation des installations de chauffage semblent porter leurs fruits.
Connaître et appliquer les bons gestes
Le docteur Jean-Christophe Linke, du centre anti-poison de Lille, à quant a lui insisté sur l’importance d’adopter les bons gestes dès les premiers signes. En effet le monoxyde de carbone est inodore, incolore et sans saveur, ce qui le rend indétectable et par là même extrêmement dangereux. Les conséquences d’une intoxication par ce gaz peuvent être graves : en prenant la place de l’oxygène le monoxyde de carbone provoque une asphyxie qui mortelle si elle n’est pas traitée à temps. De plus on a constaté dans 3,6% des cas l’apparition de séquelles neuro-psychiatriques incurables dans les 3 mois qui suivent l’exposition, on parle alors de syndrome intervallaire.
Face à ces risques, il faut avant tout adopter une réaction adaptée. Selon le docteur Linke de nombreuses intoxications pourraient être évitées si les bons gestes étaient effectués. Dès l’apparition des premiers symptômes (mal de tête, vertiges, fatigue, malaise, confusion, changement du rythme cardiaque, manifestation collective de ces symptômes) la réaction doit être immédiate. Il convient alors d’arrêter les appareils de chauffage, aérer, appeler les secours (le 15) et surtout quitter l’habitation car le gaz se répand dans toutes les pièces.
Pour le docteur Linke le meilleur traitement reste la prévention, un message que la DRASS Nord – Pas de Calais et son directeur veulent faire passer au plus grand nombre.
En résumé, pour éviter les intoxications au monoxyde de carbone il faut avant tout :
faire réviser régulièrement les appareils de chauffage
ne pas obstruer les conduits d’aération
aérer régulièrement son habitation
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