Une centaine de personnes ont manifesté dimanche 5 décembre Place Pouchkine à Moscou pour la défense de la liberté de la presse et les autres droits civiques. « On n’est pas nombreux, mais on est courageux », a déclaré à la tribune Konstantin Simonov qui anime depuis la chute de l’URSS en 1991 le Fonds de défense de la Glasnost, la politique d’ouverture menée en son temps par Mikhaïl Gorbatchev. Cette manifestation, qui s’est déroulée sous une forte présence policière, survient un mois après l’agression sauvage contre Oleg Kachine, un journaliste du quotidien Kommersant. « Si on observait une minute de silence pour chaque journaliste tué ces dernières années en Russie, on en aurait pour six heures », a ajouté Konstantin Simonov. « Les journalistes sont battus, mutilés, tués, on a l’impression que cela remplace désormais la censure », estime Anatoli Globa-Mikhaïlenko, un des organisateurs.
Plus de 300 journalistes ont été tués en Russie depuis la chute de l’URSS en 1991, selon l’Union des journalistes russes, rapporte l’Agence France-Presse.
« Aucun changement majeur n’est venu altérer les tendances observées depuis une dizaine d’années, relève Reporters sans frontières (RSF) : absence de pluralisme dans le secteur audiovisuel, harcèlement judiciaire contre les médias gênants, impunité des assassins de journalistes. Une ombre nouvelle est cependant venue s’ajouter au tableau : celle de la recrudescence des violences contre les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme ».
Sources : Agence France-Presse, Reporters sans frontières