Les changements sont intervenus simultanément à Nord Eclair et se sont déroulés dans des conditions relativement normales en dépit du surcroît de travail, selon les principaux intéressés. Ces modifications concernaient tout à la fois le « basculement » de l’impression des éditions françaises sur les presses de la Voix du Nord à la Pilaterie, l’adoption du système informatique « Hermes », la mise en place du plan social et le déménagement des services de la rue du Caire et de l’édition de Roubaix dans les nouveaux bâtiments de la rue du Général Sarrail. Des conflits sont toutefois apparus par la suite.
Par ailleurs, la nouvelle structure juridique du journal serait prête. La Société d’Exploitation de Nord Eclair sera formellement contrôlée par la Voix du Nord ; le Comité de Direction serait composé notamment du PDG de Nord Eclair, Thierry Bécuwe, de trois représentants de la Voix du Nord et d’un représentant de la Socpresse (groupe Hersant). On sait que la Voix du Nord est elle même contrôlée par le groupe bruxellois Rossel, lui-même lié de près avec la Socpresse.
Des incertitudes subsistent toujours en ce qui concerne les éditions belges de Nord Eclair (Mouscron, Tournai, Mons) finalement maintenues. Elles continuent à être imprimées rue du Caire (de même que les journaux extérieurs). Par contre la rédaction belge a déménagé avec la rédaction française rue Sarrail. Mais qu’en adviendra-t-il pour l’avenir ? Rossel est intéressé par Mouscron et Tournai, il possède en Wallonie le groupe de province le plus important (à côté du « Soir » de Bruxelles). Une réorganisation « belgo-belge » est une éventualité, mais elle dépouillerait Nord Eclair de l’une de ses originalités.
Conflits sociaux engendrés par le rapprochement Voix du Nord-Nord Eclair
La fusion des services techniques, de la publicité et des ventes de la Voix du Nord et de Nord Eclair, intervenue en juillet, a été à l’origine de conflits sérieux, début octobre 2001, chez les porteurs de journaux, et dans les rangs des représentants de publicité.
Le mécontement concerne en particulier les porteurs de Roubaix-Tourcoing qui estiment être victimes de retards de livraison qui interviennent à l’imprimerie de la Pilaterie. Les installations auraient du mal à absorber les deux tirages. Ces éditions sont en effet les dernières à sortir.
Les porteurs demandent par ailleurs une prime de poids (les suppléments se multipliant) et une révision de leur statut social, par trop précaire.
Les deux journaux n’ont pas été distribués pendant trois jours à Roubaix -Tourcoing, les 9,10 et 11 octobre 2001 et la totalité des quotidiens imprimés a été bloquée par des grévistes, mercredi 10 octobre 2001 sur le parking de la Pilaterie. Ce jour-là aucune édition de la Voix du Nord et de Nord Eclair n’a pu être distribuée dans toute la région.
Mécontentements dans la pub
De même, la fusion-réorganisation des services de publicité des deux journaux ne s’est pas faite sans certains grincements de dents. Elle entraîne, selon une partie des syndicats, une baisse des revenus des représentants de publicité et des changements géographiques qui ne conviennent pas à tous.
Serait prévu, par exemple, le maintien des représentants de Nord Eclair dans les secteurs forts du journal (Roubaix...), ce qui impliquerait des mutations vers d’autres zones pour les représentants de la Voix du Nord.
Nombreux départs
Avec la réorganisation de Nord Eclair, d’importants mouvements de personnel se sont produits ou sont en cours au sein de la rédaction.
Michel Vieux, de la rédaction d’Halluin, et Philippe Bessin du bureau de Douai (qui vient d’être supprimé) sont transférés à la Voix du Nord.
D’autres départs sont à noter. David Guevart, responsable du bureau d’Halluin-Vallée de la Lys, prend la rédaction en chef de la Voix de l’Ain, Véronique Bourfe Rivière, responsable de Villeneuve d’Ascq, se donne une année sabbatique pour lancer une activité de vente de produits bio. Delphine Wattier, rédactrice à Roubaix qui tenait une rubrique de sciences et technologie, devient attachée de presse de la Communauté de Communes de Saint Amand, que préside le député PC Alain Bocquet. Corinne Buron, du bureau de Béthune intègre l’enseignement. Pierre Messigera du bureau de Valenciennes, (qui vient d’être supprimé), a négocié son départ. Céline Dolez prend, elle aussi, un congé sabbatique pour se consacrer au théâtre.
En outre, partent en FNE, Patrick Hollebecque, du service des Sports, Jean-Claude Piau, détaché aux Numéros historiques et Nicole qui réalisait les pages hippiques.
Enfin, Pascal Percq, grand reporter, qui était en congés sans solde depuis deux ans, a quitté définitivement le journal. En fonction au ministère de l’Emploi, il devrait prochainement retrouver Martine Aubry à la Mairie de Lille avec des responsabilités dans l’animation des quartiers.
Une dizaine de postes sont ainsi disponibles dont la plupart seraient occupés par d’actuels CDD qui seraient ainsi titularisés. Mais on ne parle pas d’embauches, semble-t-il !
C.V