Dans un an, La Voix du Nord et Nord Eclair passeront au format tabloïd. Jacques Hardoin, directeur général du groupe Voix du Nord, l’a annoncé lors d’une conférence de presse, le 31 mars, à laquelle le Club de la Presse n’était pas convié, à l’instar de plusieurs rédactions lilloises (hebdomadaires et radios notamment) et correspondants de titres nationaux.
Cette annonce clôt une période agitée. Après le rachat de la Socpresse par Serge Dassault, s’est ouverte la clause de cession dans les deux rédactions. La 3e en moins de 5 ans pour La Voix du Nord (1), qui a enregistré 20 départs, tandis que Nord Eclair en comptait 11. Très vite, la direction (la même pour les deux titres) faisait savoir que la rédaction lensoise de Nord Eclair fermerait et que le titre, pour alimenter son édition locale, reprendrait les pages de La Voix du Nord. Un scénario qui rappelle fortement celui de Nord Matin, disparu à la fin des années 1980, après avoir vu ses éditions fournies par Nord Eclair. Ces échanges existent déjà entre La Voix et Nord Eclair, depuis que ce dernier a quitté Béthune et Villeneuve-d’Ascq. Mais jusque là, il s’agissait de reprises d’articles et non de pages entières.
Les traces du conflit
A ce dossier déjà conflictuel, s’ajoutait le remplacement des « clausistes ». Un bras de fer s’était engagé entre direction et journalistes des deux titres, réunis pour la première fois en intersyndicale (SNJ, CGT Journalistes, CFDT, FO). Ces derniers remettaient en cause les accords de droits d’auteur, permettant à La Voix la reprise des articles sur son site internet et de mettre à disposition de Nord Eclair les textes et photos des journalistes de Béthune et Villeneuve d’Ascq. Un accord a finalement été signé par le SNJ (rejeté par les autres syndicats). La direction compte 15 remplacements à La Voix (de source syndicale, on évoque 10 embauches et 5 CDD) et 1 à Nord Eclair. Nord Eclair n’aura plus que 3 journalistes à Lens (13 auparavant), pour alimenter les pages Région et Sports. Pour le contenu des pages locale, le plan de la direction s’applique. La lutte a mis à jour des positions opposées dans les deux rédactions et l’intersyndicale a disparu.
L. F.
(1) Au total, 140 départs sur une rédaction de 270 fin 2004.