mardi 22 février 2005
Otages en Irak : Le portrait de G. Sgrena accroché près de ceux de F. Aubenas et H. Hanoun Al-Saadi - 11 mars 2005
Le portrait de Giulina Sgrena, journaliste italienne, accroché près de ceux de Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi 11 février 2005


A l’appel du Club de la presse, une soixantaine de personne s’était réunie vendredi 11 février à 12h devant le Théâtre du Nord pour soutenir les journalistes disparus en Irak. Le portrait de Giuliana Sgrena, journaliste à « Il Manifesto », a été accroché près de ceux de Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi sur la façade du théâtre. A cette occasion, Philippe Allienne, est revenu sur l’importance d’une mobilisation de l’opinion publique qui, est-il persuadé, peut protéger la vie des otages.
Il a également rappelé que tout le monde est concerné « si l’on veut que l’information ait droit de cité partout dans le monde, si l’on ne veut pas isoler des personnes, des groupes de personnes, des pays, des peuples. C’est pour cela que nous devons continuer à dire non à ces enlèvements, à ces rapts, à ces méthodes de crapules ».
Intervention de Philippe Allienne,
lors du rassemblement du 11 février, à Lille
Voilà aujourd’hui 37 jours que Florence Aubenas et son collaborateur Hussein Hanoun Al-Saadi ont disparu. Nous sommes depuis sans aucune nouvelle. A notre connaissance, aucune revendication n’est parvenue.
37 jours, sans que sache ce qui s’est passé, sans que sache qui est responsable de la disparition de Florence et de Hussein, c’est long. C’est très long. Les propos tenus par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, puis par le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, sont peut-être rassurants. Ils semblent dire qu’ils sont vivants. Il n’en reste pas moins que ce silence, cette absence d’information sont particulièrement angoissants.
Tout aussi angoissants sont ces informations contradictoires qui ont suivi l’enlèvement, il y a tout juste une semaine, de notre consœur italienne Giuliana Sgrena. Rapt crapuleux, rapt politique ? Peut-être les deux. On ne sait pas. Un groupe a même annoncé son exécution. L’information n’a pas été jugée crédible, mais une telle annonce en dit long sur le cynisme qui prévaut chez les groupes armés, en Irak.
Face à ces événements lamentables, nous nous devons tous de nous montrer solidaires des journalistes retenus contre leur gré et qui, comme c’est le cas pour un confrère irakien qui vient d’être tué, font leur métier au péril de leur vie. Ils font un travail indispensable si l’on veut que l’information ait droit de cité partout dans le monde, si l’on ne veut pas isoler des personnes, des groupes de personnes, des pays, des peuples. C’est pour cela que nous devons continuer à dire non à ces enlèvements, à ces rapts, à ces méthodes de crapules.
Il est indispensable de soutenir, de nous mobiliser et de sensibiliser l’opinion sur le sort des otages, sur le sort de Florence, de Hussein, de Giuliana. Le sens de ces mobilisations fait parfois l’objet de questions. Je répondrais simplement en citant Serge July, le directeur de Libération, pour qui la mobilisation publique constitue une « assurance-vie » pour les journalistes enlevés.
Je tiens aussi à citer les directeurs des rédactions d’agences, de la presse écrite et de l’audiovisuel en France qui, dans l’appel à la solidarité qu’ils ont lancé au début de ce mois, expliquent qu’ Il n’y a pas de liberté sans la liberté d’informer partout et en tous lieux ».
Pour eux, « Cette liberté et la sécurité des journalistes de télévision, de radios, de presse écrite sont des droits fondamentaux. Ils doivent être défendus par tous, à commencer par les autorités politiques de chaque pays ».
Nous allons afficher ici même, à côté de celui de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun Al Saadi, le portrait réclamant la libération de Giuliana Sgrena. Je remercie au passage Stuart Seide, le directeur du Théâtre du Nord, et la Ville de Lille, qui nous ont autorisé à poser ces affiches.
Avant déployer ce portrait, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine à 20 heures, ici au Théâtre du Nord, pour une soirée de solidarité avec les journalistes. Des confrères et des artistes viendront témoigner leur soutien. Le Comité de soutien à Florence Aubenas, l’ESJ, la Ville, Le Club de la Presse..... se sont unis pour organiser ce temps fort.
Une fois encore, cette mobilisation, comme à Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg et bien d’autres, cette mobilisation est plus que jamais indispensable.
Merci à toutes et à tous d’être là. Comme d’habitude, vous pouvez signer la pétition ou apporter votre soutien en écrivant quelques lignes sur ces registres ou sur le site internet du Club de la Presse.
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