« J’ai considéré qu’il y a avait des créneaux non occupés dans le Nord-Pas de Calais. » Voilà comment Hervé Battaire, 45 ans, ancien directeur de Carat Nord (1), explique la création de Latitude Nord, tiré à 25.000 exemplaires et présent depuis mercredi dans 500 kiosques de la région. Contrairement à la Normandie, la Bretagne, l’Auvergne ou l’agglomération de Lyon, la région n’avait jusque là pas de mensuel généraliste. Majoritaire dans le capital de 128.000 euros de la société éditrice, Hervé Battaire a réuni un tour de table comprenant deux personnes morales, Nord Création et Faidherbe Finances (Arras), ainsi que deux autres personnes physiques. Le choix a été fait d’une création en dehors de tout groupe ou entreprise de presse existante. « C’est un projet personnel […] audacieux mais pas fou », insiste le directeur de la publication.
Trois journalistes permanents
L’équipe salariée permanente comprend six personne, dont trois journalistes. Tout d’abord Anne Dubart-Diradourian, directrice de la rédaction. Celle-ci a travaillé pendant six ans à Nord-Eclair puis sept ans à l’Ecole Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille, dont elle était devenue la responsable communication. Deux jeunes journalistes, qui seront amenés à faire à la fois des textes et de la photo, ont également été recrutés : Emmanuelle Latouche, qui a travaillé à La Voix du Nord, et Edouard Bride, qui a fait un passage chez Nord-Eclair. La rédaction est complétée par une vingtaine de journalistes pigistes, dont une dizaine devrait intervenir dans chaque numéro. « Nous voulons une ouverture, des plumes différentes », explique la directrice de la rédaction.

- Pour son lancement, le numéro de « Latitude Nord » est vendu trois euros. Dès le 2e numéro, le prix passera à quatre euros. Les objectifs de vente annoncés sont de 20.000 exemplaires d’ici deux ans.
Pour sa part, Hervé Battaire confie une passion pour la presse, en tant que lecteur mais également en raison de ses amitiés personnelles, qui l’ont amené à côtoyer des journalistes, en particulier de l’Agence France Presse. Latitude Nord proposera une « information dédiée à un consommateur, à un lecteur qui a déjà ses repères ». Traduction : le mensuel vise un public déjà lecteur de presse nationale quotidienne (Le Monde, Libération, Le Figaro, Les Echos…) et hebdomadaire (Le Nouvel Observateur, Télérama…). Soit une « cible » estimée entre 100.000 et 200.000 personnes, à majorité masculine, de plus de 35 ans et d’une catégorie socioprofessionnelle moyenne ou supérieure. Bref, un lectorat doté d’un certain pouvoir d’achat, celui qui est précisément recherché par les annonceurs. Sur 100 pages, Latitude Nord prévoit d’en commercialiser entre 15 et 20 sous forme d’espaces publicitaires (à un tarif moyen de 2.700 euros HT).
« Proximité, objectivité, positivisme »
Dans l’éditorial du premier numéro, Anne Dubart-Diradourian évoque « une ligne éditoriale [qui] repose sur la proximité, l’objectivité, le positivisme ». Accolées, ces deux dernières caractéristiques peuvent laisser dubitatif. Hervé Battaire se charge de l’explication de texte : « Il n’y aura pas d’investigation ni de polémique, ce n’est pas le but de ce magazine ». Lors de la présentation à la presse du magazine, le 27 novembre, il ajoute : « Vous l’avez compris, on ne va pas révéler de scoops, ne comptez pas sur nous ! » L’idée est de « mettre en avant » la région, en particulier ses acteurs, connus ou anonymes.
Soit, mais comment traiter par exemple du social, que Latitude Nord classe parmi ses sujets d’intérêt, avec « positivisme » ? Pour Anne Dubart-Diradourian, ce terme ne « veut pas dire qu’on ne sera pas critique, qu’on ne parlera pas de ce qui ne va pas bien. Cela ne veut pas dire qu’on voit la vie tout en rose ». Elle en veut pour preuve un reportage sur les SDF, qui paraîtra dans le numéro 2 du magazine, fin décembre.
« L’équilibre des territoires »
Autre composante de la ligne éditoriale : « On veillera à respecter l’équilibre des territoires, c’est très important pour nous »assure Anne Dubart-Diradourian. En revanche, aucune volonté de faire dans le transfrontalier, ni de faire une incursion en Picardie ou en Angleterre, confie Hervé Battaire.
Le contenu rédactionnel de Latitude Nord se déroule de part et d’autre d’un dossier central, avec une première partie « Société » et une seconde « Art de vivre ». La une du magazine sera systématiquement réservée à un portrait. Dans ce numéro un, il s’agit de Sébastien Lefebvre, de Merville, créateur d’un petit avion livré en kit. Le sommaire comprend également des articles sur le débat public sur la création d’un terminal méthanier à Dunkerque, le Forum mondial de l’économie responsable qui a eu lieu dernièrement à Lille, la métamorphose de Tourcoing, un dossier sur les nouveaux indicateurs de richesse…
L. F.
(1) Carat est un groupe de conseil en communication. Hervé Battaire a notamment eu pour clients des collectivités, des groupes bancaires, d’assurance…