<p>La loi sur l’eau de 1964 a créé six bassins hydrographiques dans lesquels six agences de l’eau, établissements publics de l’Etat sous tutelle du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et sous celle du Ministère chargé des finances agissent pour concilier gestion de l’eau et développement économique dans le respect de l’environnement.</p>

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Aujourd'hui, vendredi 03 septembre 2010,
cela fait 248 jours que Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes à France3, sont retenus en otages en Afghanistan.

Statut d’auto-entrepreneur : moins évident qu’il n’y paraît

Beaucoup de monde dans la salle de conférences ce lundi 9 février à l’occasion du Club Emploi des Journalistes. Le sujet ? Le nouveau statut de l’auto-entrepreneur imaginé par Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, à l’Artisanat et aux entreprises, petites et moyennes, ainsi qu’aux Tourisme et Services. Un débat animé par Francis Coisne (Urssaf) qui avait été rejoint par Philippe Degand et et Jean-Michel Baude (des services fiscaux). Un nouveau statut qui pourrait aussi servir à détruire les maigres garde-fous qui protègent (légalement) les pigistes via le Code du Travail.

photos : soizic baron

Après une courte mais efficace introduction de Christian Garitte, administrateur du Club, Francis Coisne met en garde l’assemblée : « pas de précipitation ! Car bien souvent le choix d’un statut fiscal conditionne le statut social. Sur ce dernier point, j’avoue être perplexe devant ce nouveau statut. Son objet est de permettre à des gens d’exercer une petite activité à côté de leur statut principal (retraité, par exemple). Les démarches ont été simplifiées à l’extrême et pour une fois on peut le faire directement via Internet sur le site www.lautoentrepreneur.fr »

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Francis Coisne livre une analyse claire et tranchée sur les risques que fait courir le nouveau statut dans la pratique du journalisme.

« Problème, nul ne sait où part ensuite la déclaration informatisée : vers les directions de l’Artisanat ? Du Commerce ? Des professions libérales ? Autre souci : le numéro de SIRET nécessaire à l’établissement d’une facture n’est pas délivré dans les 48 heures ! En outre, seules les professions qui dépendent du régime social des indépendants peuvent pleinement prétendre profiter de ce statut  ».

Gare aux métiers protégés !

L’exercice de certaines professions est en effet soumis à d’autres règles particulières : on ne peut ouvrir un salon de coiffure sans être en possession d’un brevet professionnel en coiffure ou disposer, de façon permanente, d’un titulaire de ce diplôme dans l’effectif du salon... « Une dame, certainement de bonne foi, a ouvert en janvier une activité de massage de relaxation à domicile. Elle a depuis les pires ennuis judiciaires avec l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes ! Devant le flou de ce nouveau statut, avant toute décision, prenez le temps de vous renseigner auprès des organismes habituellement concernés par la création d’entreprise (Chambre de Métiers, Chambre de commerce, etc.).

Sachez que la liste des professions établies par la CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse) ne vaut pas autorisation d’exercice ! On y trouve ainsi le métier de journaliste indépendant (?) ou de pigiste alors même que le Code du Travail impose à ces professionnels d’être salariés. Le statut de l’auto-entrepreneur vous permet d’encaisser des honoraires et non les salaires exigés par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. Le nouveau statut n’est donc pas la panacée qui résoudrait tous les anciens problèmes. Il en va de même pour les commerçants ou les professions libérales. Nombre de créateurs peuvent avoir davantage intérêt à bénéficier du statut fiscal de la micro-entreprise. En matière d’activité liée à la presse, il n’y a donc aucun changement  ».

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Ambiance studieuse et attentive dans une salle comble.

Philippe Degand acquiesce : « nous n’avons pas davantage d’infos dans les services fiscaux même si, apparemment, il y aurait quelqu’avantage en termes de charges. La différence essentielle réside dans le fait qu’en installation comme profession libérale, le créateur paye une avance forfaitaire dès le premier jour, soit un débours d’environ 2000 euros malgré un certain nombre d’exonérations pour les chômeurs-créateurs ou les allocataires du RMI par exemple. Les cotisations sociales s’élèvent à 3000 euros minimum la deuxième année alors qu’avec ce nouveau statut, on ne paye des charges que lorsqu’on reçoit le paiement d’une facture ! »

Avantage aux retraités et pré-retraités

F. Coisne reprend : « le fait de ne cotiser que lorsqu’il y a paiement d’une facture peut être source de graves difficultés : on peut en effet rester quelques mois sans être payé. Dans ce cas, s’il survient un problème de santé, quelle couverture pourra prendre l’auto-entrepreneur en charge ? En cas de facturation insuffisante, comment faire valider ses droits à la retraite ? Ce nouveau statut me paraît surtout indiqué dans le cas des retraités ou des pré-retraités. Dans le cas de la presse, aux bénéficiaires d’une clause de cession après 57 ans, mais pour une activité pure, nul ne sait où l’on va !  »

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de g. à dr. : Philippe Degand, Francis Coisne et Philippe Allienne (trésorier du Club).

Il demeure qu’autour de la grande table, les journalistes et communicants évoquent les moindres charges dues. Philippe Degand détaille : « Les activités de vente de marchandises, les prestations d’hébergement ou les ventes de denrées supportent une ponction de 12 % de charges sociales et de 1 % au titre de l’impôt sur le revenu soit 13 % du chiffre d’affaires, avec un seuil maximal de 80 000 euros. Ce chiffre d’affaires n’est pas soumis à la TVA, ni à la taxe professionnelle (les trois premières années) et à l’impôt sur les sociétés. Pour les activités de prestations de services autres que celles relevant du seuil des 80 000 euros, ces prélèvements sont respectivement de 21,3 % et de 1,7 % soit une ponction globale de 23 %. Enfin pour les activités qui relèvent des professions libérales, ces charges sont de 18,3 % et de 2,2 % soit 20,5 % au total. Je précise que pour les deux dernières catégories, le seuil maximal admis est celui des micro-entreprises soit 32 000 euros par an aujourd’hui. Mais, nous non plus ne savons rien du futur régime social de l’auto-entrepreneur...  »

Carte de Presse

«  La question des droits sociaux n’est pas liée au seul versement de cotisations. Rappelez-vous que même pour un salarié, les régimes sociaux demandent un certain nombre d’heures travaillées par trimestre, semestre ou par an ! » souligne F. Coisne. Jean-François Garsmeur (un journaliste pigiste) témoigne : « C’est en fait un statut qui permet d’éviter le travail au noir...  ».

Il s’attire immédiatement la réplique du représentant de l’Urssaf : « pas nécessairement car il peut y avoir contrôle de notre part et ... vérification de l’existence ou non d’un lien de subordination entre le prestataire et le donneur d’ordre. Si ce lien est démontré, s’ensuit un redressement de charges sociales qui peut être très lourd ! Il est vrai que la solution peut paraître tentante face à la solution du portage, déjà évoquée en ces lieux puisqu’il n’y a plus de passage par un tiers avec abandon à ce tiers de frais de gestion mais, dans les deux cas, cela ne règle pas le problème d’un salaire qui sera reconnu par la Commission de la Carte, sauf bien sûr si votre entreprise de portage est reconnue comme entreprise de presse... ». Il reprend : « pour la question des charges dues à la CIPAV, tous les décrets nécessaires n’ont pas encore été publiés...  ».

Le lien de subordination

Certaines remarques font état du fait qu’il y a toujours lien de subordination entre le donneur d’ordre et le prestataire. Francis Coisne, prend alors la liste d’activités de la CIPAV jointe en annexe au guide de l’auto-entrepreneur (cf site) : « je lis sur cette liste maître-nageur ou professeur de tennis. Selon l’Urssaf, un maître-nageur peut être indépendant (et donc, auto-entrepreneur) ou salarié (même dissimulé, donc susceptible d’un redressement ultérieur). Dans le premier cas, il est propriétaire de la piscine et de son équipement ou il loue au propriétaire (régulièrement) sa piscine. Il encaisse directement les droits d’entrée ; il est alors en situation de prestataire indépendant. Dans tous les autres cas, son activité relève du salariat. Il en va de même pour le professeur de tennis avec le court, les balles, l’entretien du cours, les droits d’entrée, la gestion des réservations, etc. Ce qui veut dire que, pour qu’un journaliste puisse être indépendant, il lui faudrait tout assurer : depuis l’enquête jusqu’à la mise à disposition du public des résultats de son enquête ! Hormis les sites payants d’information par Internet, je ne vois guère de possibilité... »

Les pigistes fragilisés ?

Pour lui, le problème récurrent des demandes de piges payées en honoraires, droits d’auteur, ou exercées à titre libérale reste entaché du non respect de la loi. A chacun de se prendre en charge et de se rebeller contre ces demandes émanant de donneurs d’ordre qui entendent s’ingénier à vouloir contourner des textes pourtant très explicites : « c’est une simple question de rapport de force, même si je sais bien que ce n’est pas toujours facile de refuser une pige pour défaut de contrat licite ! A chacun de se prendre en charge et de s’engager, ou non, dans la lutte pour le respect de ses droits ! » Nul doute que le sujet continuera d’intéresser, d’inquiéter et fournira matière à articles. Ce nouveau statut présentant apparemment comme seul réel avantage de légaliser voire de moraliser le travail au noir en récupérant des recettes fiscales ou sociales auprès de gens qui, jusqu’ici, n’en payaient pas, appliquant le principe du pas vu, pas pris.

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Les questions ont suscité le scepticisme et la défiance des intervenants.


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Il y a 3 commentaire(s) à cet article.

Le régime de l’auto-entrepreneur ne concerne pas la profession de journaliste
20 février 2009, par SNJ-CGT   [retour au début des forums]

Le régime de l’auto-entrepreneur ne concerne pas la profession de journaliste

Surprise, en fin d’année dernière, lors du lancement du nouveau régime « d’auto-entrepreneur » destiné aux professions libérales, en complément de celui de la micro-entreprise destiné à tous ceux qui « ont envie de créer son activité »,comme le disent les communicants du gouvernement actuel. Le guide, publié à la suite du vote de la loi du 4 août 2008 modestement intitulée « loi de modernisation de l’économie », assurait que le régime de l’auto-entrepreneur concernait entre autres « le journaliste indépendant, le pigiste et le rédacteur ». Immédiatement, le SNJ-CGT a écrit au secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services, M. Hervé Novelli, pour lui rappeler que la profession de journaliste était salariale et surtout pas libérale ; que c’était, de surcroît, l’une des rares professions à être notées comme telle dans le code du Travail, (chapitre 7). Notre réflexion a immédiatement eu pour effet de corriger l’erreur réalisée par les fonctionnaires de Bercy qui avaient agi - selon eux - : « en toute bonne foi (qui reste à prouver) », et, selon la liste des professions enregistrée par la CIPAV, la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance des professions libérales. A la fin janvier, cette liste a été rectifiée par le ministère des Finances et Bercy a retiré les journalistes des ayants droit au régime de l’auto-entrepreneur. Entendons-nous bien en tant que professionnels. Si quelques uns d’entre nous ont le temps de s’adonner à des lobbies ou activités parallèles (ménages, conférences, plomberie ou autres) ils peuvent toujours se joindre aux autres auto-entrepreneurs, mais en rien pour exercer leur profession qui est salariale d’après l’article 7112-1 et suivants du code du Travail. Cette rectification a été confirmée, ce jeudi 12, en fin de matinée, par le directeur-adjoint de M. Novelli qui a eu le bonheur de recevoir une délégation du SNJ-CGT.

Montreuil le 13 février 2009


Statut d’auto-entrepreneur : moins évident qu’il n’y paraît
14 février 2009, par Sophie Roughol   [retour au début des forums]

Excellent et fidèle compte-rendu de ce qui a été dit dans cette réunion passionnante.

Un regret toutefois dans cette réunion : si effectivement le statut d’autoentrepreneur pose de réels problèmes d’application aux journalistes, titulaires de la carte de presse notamment, il n’a pas été suffisamment dit que pour les communicants (qui sont l’autre partie des membres du club... de la presse), ce statut est au contraire fort intéressant, notamment pour tester et démarrer une activité indépendante de conseil, de communication écrite, de relations presse, etc... Ils devront obligatoirement ensuite, en tout cas on leur souhaite, passer au moins en micro-entreprise, mais pour démarrer sans risques, c’est pas mal. Quant à la protection sociale,en cas de non versement de cotisations, les chômeurs restent couverts un certain temps, certains peuvent bénéficier de celui du conjoint, et au pire, il y a la CMU.


  • Statut d’auto-entrepreneur : moins évident qu’il n’y paraît
    8 juin 2009, par aurore  

    Bonjour,

    Je sors d’un école de journalisme, aprés un diplôme d’ingénieur agro. J’entre enfin dans le monde professionnel avec pour objectif, être réalisateur de grands reportages (J’ai une formation de JRI) et faire des piges écrites ou en tant que JRI. J’avais pensé au statut d’autoentrepreneur mais au vu des messages précédents, je comprends que ce n’est pas légal. En revanche, est il possible avec le statut d’autoentrepreneur de réaliser des reportages institutionnels et des communiqués de presse en complément de l’activité de journaliste indépendant ? Je me pose toutes ces questions car dans la conjoncture actuelle je rencontre d’énormes difficultés à trouver ne serait ce qu’un cdd pour vivre de ce métier passionant et incertain.De plus commencer en tant que journaliste indépendant est trés hazardeux , tant que son propre réseau n’est pas construit. En fin pour plus de confusion encore, il semble que la plupart des réalisateurs en presse TV soient intermittents du spectacle. Alors je suis dans la brume et ne demande qu’à être éclairée par mes pairs... merci d’avance Aurore





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