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mercredi 8 février 2012
Terre du Nord, un nouveau mensuel consacré aux initiatives régionales
L’arrivée d’un nouveau titre dans la région est toujours un moment important. Ce mercredi 6 février, le journaliste Guillaume Cugier est venu présenter au Club de la Presse un nouveau magazine régional baptisé « Terre du Nord ».
C’est un mensuel consacré aux initiatives en Nord – Pas-de-Calais. L’objectif : encourager tous les porteurs de projets, qu’ils soient touristiques, écologiques, liés aux nouvelles technologies… « Nous voulons jouer la carte de la proximité avec des initiatives régionales qui sont originales, voire uniques » précise Guillaume Cugier.
La une est claire : un grand titre et sa photo en dessous duquel viennent deux annonces d’articles (une dans le Nord et l’autre dans le Pas-de-Calais) assurent un équilibre et invitent le lecteur à découvrir le contenu. La mise en page se veut simple et claire : toutes les rubriques sont bien identifiées par un code de couleurs ; une carte de la région sur laquelle le lieu est clairement identifié permet de situer l’initiative et chaque article comporte un encadré qui donne aux lecteurs des indications précises (complément d’information ou visites de sites internet liés au sujet). Ce mensuel comporte 68 pages et pourrait augmenter en fonction de l’actualité. Au-delà des initiatives, il comporte un agenda culturel dense, lié à des initiatives culturelles régionales.
L’aventure est plutôt audacieuse en ces temps de folie du Web mais le directeur de la publication, Guillaume Cugier, semble confiant. Et dans un contexte où de nombreux médias sont attirés par le net, le journaliste croit au papier « qui reste encore attractif ».
Le premier numéro est sorti en janvier, avec un tirage de 20 000 exemplaires. Terre du Nord est disponible dans 1724 points de vente de la région au prix de 2€.
Ce mensuel a pris la forme juridique d’une SCOP (Société Coopérative et Participative) à deux actionnaires : Guillaume Cugier et Michel Maïenfisch (rédacteur en chef) afin de garder l’humain au cœur de l’entreprise. Ce magazine, dont le capital est de 10.000 €, a été financé sur les fonds propres des deux associés et n’a reçu aucune aide ou subvention.
L’équipe est très restreinte : les deux journalistes écrivent la quasi-totalité des articles. Une volonté de limiter le nombre de salariés au minimum, de façon à assurer la pérennité du projet. Quelques pigistes viennent épauler la rédaction. Un partenariat a été mis au point avec les étudiants en journalisme de l’Université catholique de Lille (culture et communication) lesquels viendront apporter un soutien rédactionnel dans le cadre de leurs études. La publicité viendra apportera le financement nécessaire à l’équilibre du mensuel. D’ailleurs, une dizaine de pages suffisent pour éviter que le magazine ne s’effondre. Les ventes au numéro constituent un plus « la cerise sur le gâteau ».
L’arrivée de ce nouveau titre est une bonne nouvelle, il doit maintenant faire sa place dans le paysage de la région.
Clémence HENDERYCKX et Marc DE LANGIE

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Une bonne nouvelle, mais...
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9 février 2012
[retour au début des forums]
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L’arrivée d’un nouveau titre est une bonne nouvelle. Certes. Cela m’inspire cependant quelques réflexions.
Ainsi, d’après cet article, Terre du Nord "a pris la forme juridique d’une SCOP (...) afin de garder l’humain au cœur de l’entreprise." Certes. Mais, à croire la conférence de presse tenue au Club de la presse ce 6 février, les pigistes ne seraient qu’une main d’oeuvre d’appoint. Le directeur de la publication admet du bout des lèvres que ces pigistes sont bien des salariés, mais pour préciser qu’ils ne sont pas réguliers et ne peuvent donc être coopérateurs. "Garder l’humain au coeur de l’entreprise". Mais le pigiste ressemble ici, et sauf erreur, à un rédacteur en marge de la rédaction. Ce n’est pas vraiment ce que défend le Club de la presse.
Toujours lors de cette conférence de presse, nous apprenons que "le capital est de 10.000 €" et "a été financé sur les fonds propres des deux associés et n’a reçu aucune aide ou subvention". Voilà qui est très louable et très courageux pour les deux créateurs. Mais comment peut-on lancer un magazine régional avec un capital de 10 000 euros ? Quel est le "business plan" ? La seule réponse (entendue au Club de la presse) est : "Il faut dix pages de publicité" pour viabiliser le magazine. Sur un total de 68 pages. Mais surtout, le calcul consistant à limiter le nombre de salariés, d’avoir recours à des étudiants et à "quelques pigistes" (deux par numéro jusqu’à présent)est-il le plus sage ?
Lancer un magazine est une entreprise périlleuse. Sans capitalisation sérieuse, elle semble compliquée. La formule de la Scop ne change rien. Il faut assurer sur tous les fronts : la rédaction et les exigences qu’elle suppose (travail sur le terrain, préparation,écriture, relecture, suivi de la ligne éditoriale, etc.),partie commerciale (publicité, partenariats éventuels), fabrication et diffusion (encore du commercial), et, bien sûr, gestion et secrétariat.
Dernière question (ou presque) : la ligne éditoriale. Terre du Nord entend "mettre en avant les porteurs d’initiatives à l’image de la Scop qui veut priviligier l’humain sur le financier". Certes. Mais ne faire que du positif veut-il précisément dire que l’on privilégie l’humain sur le financier ? En matière d’information, la question que l’on peut se poser porte sur le risque de confusion entre information, communication et publicité.
L’information coûte cher. Ce coût est la contrepartie de sa qualité. Elle est, une fois encore, exigeante et exècre le mélange des genres. Lourd pari. Souhaitons à Terre du Nord de venir effectivement au secours du pluralisme de la presse qui caractérise cette région depuis longtemps.
Philippe Allienne
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Pour rebondir sur la phrase "l’information coûte cher"
18 février 2012, par thierry fatou
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Bonjour,
Je réagis à votre phrase : "l’information coûte cher" et ce coût serait la contrepartie de la qualité de l’information.
C’est donc dire que lorsqu’elle ne coûte pas cher, l’information n’est pas de qualité.
Je ne suis pas journaliste, je ne suis que correspondant de presse locale pour la Voix du Nord. Je ne coûte pas bien cher à ce quotidien régional qui, sans sa myriade de correspondants, ne pourrait pas exister. Economiquement, je ne suis pas sûr que ce grand quotidien régional serait viable si le travail des correspondants payés selon un barême asiatique était supprimé.
Des questions me traversent : La Voix du Nord ne serait pas un journal de qualité puisque l’information qu’on y lit et qui fait la proximité avec le lecteur est en bonne partie écrite par des correspondants payés peu cher ?
Un correspondant ne produirait pas une information de qualité puisqu’il n’est pas cher payé ?
Pourquoi faudrait-il que le coût conditionne la qualité de l’information ?
Est-ce juste de dire que ce qui coûte cher est forcément de meilleure qualité ?
Cordialement,
thierry fatou
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Qu’entend on par « qualité de l’information » ?
28 février 2012, par administrateur
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Mais qu’entend on par « qualité de l’information » ?
Thierry Fatou pose de bonnes questions. Mais qu’entend-on par « qualité de l’information » ?
Le coût n’induit pas automatiquement la qualité ; mais peut-on vraiment fournir en permanence une information de qualité avec des journalistes sous-payés, surchargés de travail, n’ayant pas de temps à consacrer à l’investigation et à la vérification des sources ?
Ce n’est pas dénigrer les CLP, dont certains pourraient prétendre au statut de journaliste d’ailleurs, que de dire qu’ils ne peuvent, du fait du temps et des moyens dont ils disposent — voire de la considération qu’on leur porte* — avoir le même investissement que des journalistes à temps plein et normalement rémunérés.
Les CLP — « payés au barème asiatique » comme le souligne Thierry Fatou — ont été créés via une niche législative, sous la pression des patrons de la presse quotidienne régionale, pour permettre aux directions des grands médias, qui y recourent massivement, de faire des économies sur les postes de rédacteurs et photojournalistes. Il y a toujours eu des « correspondants » locaux mais, à l’époque, ceux-ci travaillaient directement en lien avec un journaliste localier permanent investi sur un territoire. Lequel, de ce fait, connaissait bien le terrain et le lectorat de sa locale, bénéficiait de bien plus de place, de pages, pour y écrire.
Le recours aux CLP s’est traduit par une perte de proximité, une moindre présence sur le terrain des rédacteurs et photographes qui deviennent de plus en plus des « journalistes assis ». Il faudrait ajouter à cela le sort des stagiaires, CDD et pigistes « exploités » dans des conditions qui — en dépit de leurs qualités professionnelles — les limitent dans leur travail.
Cela peut être masqué par le fait que, ayant le quasi monopole sur une région, un titre aura une couverture beaucoup plus importante que d’autres…
Un certain succès des hebdomadaires d’arrondissement (appartenant aux mêmes groupes) ne s’explique-t-il pas en partie par cette perte de proximité des quotidiens… quand ceux-ci n’on pas carrément disparu. Il faudrait aussi souligner les conditions infernales dans lesquelles travaillent les journalistes dans beaucoup de ces titres… Et faire un parallèle entre le développement des CLP et celui des pigistes. Enfin, on a vu certains patrons de presse vouloir imposer le statut d’auto-entrepreneur.
M.D.
* Je renverrai à ce sujet aux commentaires sur l’article « Un petit mot à nos partenaires journalistes… »
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