L’agression à Tunis le 6 mai dernier d’Abdelfattah Belaid, journaliste du quotidien francophone, dans les locaux de son journal, La Presse, après « la violence déployée par les policiers au ours des derniers jours contre les journalistes rappelle de mauvais souvenirs, comme si les anciennes méthodes étaient de retour, près de quatre mois seulement après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali », s’inquiète Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières. RSF évoque en effet également le cas de une journaliste de Radio Kalima, Marwa Rekik, hospitalisée la veille après avoir été violemment frappée à la tête.
« Abdelfattah Belaid était en train de prendre des photos de policiers réprimant des manifestants avenue Bourguiba, à Tunis, lorsqu’il a été pris en chasse par trois agents de police » jusqu’au siège du journal, indique RSF. Contacté par cette dernière, Sofiane Ben Farhat, rédacteur en chef du journal La Presse, s’est déclaré « choqué par… ces pratiques qui remontent à un autre âge. Au lendemain de la Journée internationale de la liberté de la presse, il y a d’autres signes forts à envoyer que celui de la chasse à l’homme d’un journaliste. Nous avons demandé au Syndicat des Journalistes d’entrer en contact avec les autorités afin que cela cesse. »
« La crispation des policiers est réelle », à l’égard des journalistes depuis la diffusion d’une vidéo dans laquelle Farhat Rajhi, ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Essebsi, souligne Sofiane Ben Farhat.