L’Udapei du Nord (Les Papillons Blancs) vient de publier un document pratique sur ce qu’est le Droit à compensation et sur les conséquences de la loi sur le Handicap promulguée en 2005. Un guide spécifique au département du Nord, rédigé avec le concours de Régis Verley.
(photo : Bernard Rodrigues présente le nouveau document sous le regard de Jacques Meuter.)
Le président Jacques Meuter ne s’en cache pas : « La loi de 2005 est plus que généreuse ! » Et il souligne que « la loi précédente [de 1975, NDLR] était restée focalisée sur la seule personne handicapée, quand celle de 2005 prend en compte l’environnement social, économique et familial de cette personne et ouvre le droit à une compensation du handicap, un nouveau droit opposable en quelque sorte. » Bernard Rodrigues, directeur général de l’Udapei Nord rappelle que les Papillons Blancs ont pour origine des associations de parents qui se sont développées dans les années 1950-1960. Des parents préoccupés par le devenir de leurs enfants (intellectuellement déficients) et qui sont devenus des employeurs : 6.000 salariés dans le Nord pour quelque 12.000 familles concernées. Des parents qui ont aussi investi dans des structures d’accueil et d’emploi avec quelque 200 établissements spécialisés.
Une réaction au manque criant d’explications
Leurs représentants élus se soucient de la bonne information du public concerné. Face à un manque criant d’explications sur des situations concrètes, ils ont décidé de rédiger un document pratique. Un guide rédigé à partir du questionnement des parents, avec la participation de techniciens et l’aide d’un journaliste, Régis Verley. Mais ce guide ne concerne que le seul département du Nord, certaines aides ou droits pouvant varier selon les décisions émanant des Conseils généraux ou des commissions départementales : Cotorep (Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel) CDES (Commission départementale d’éducation spécialisée). Une démarche entamée en février 2007, qui se veut davantage qu’une simple plaquette mais bien un document global de référence, axé sur la situation des personnes et des familles. Un mémento sur ce que recouvre le Droit à Compensation. Mais aussi un document qui mentionne le positionnement politique de l’UDAPEI Nord vis-à-vis de la loi.
Cette loi n’a pas d’obligation de résultat. Le parcours du combattant supposé disparu avec cette loi est toujours présent. Une maison départementale des personnes handicapées doit ouvrir prochainement à Villeneuve d’Ascq mais, pour satisfaire à l’obligation de la proximité évoquée par la loi, il en faudrait deux autres (une à Dunkerque, une à Valenciennes). Et que chacune d’entre elles puisse statuer dans un souci d’égalité de traitement pour tout le département.
Manque de moyens d’accueil dans l’Education nationale
En France, tous les enfants doivent avoir accès à une scolarisation. Pourtant les parents observent un manque d’établissements adaptés et d’enseignants formés à l’accueil de ces enfants. Les auxiliaires de vie en milieu scolaire sont insuffisants en nombre et tous les établissements scolaires français ne sont pas adaptés pour l’accueil d’enfants handicapés. D’où un important recours à une scolarisation en Belgique. « Il faut que l’Education Nationale et l’Unapei apprennent à travailler ensemble », affirme Jacques Meuter. Un seul instituteur est formé à l’accueil d’enfants inadaptés pour 80 enfants. Aujourd’hui, près de 900 enfants sont scolarisés en Belgique.
L’emploi ne se porte guère mieux – près de 2.000 déficients intellectuels attendent qu’une place se libère dans les établissements d’emploi protégé –, y compris pour le travail en milieu « ordinaire ». Les administrations ont désormais la même obligation (6% de l’effectif) d’emploi de personnes handicapées que les entreprises privées et sont donc soumises aux mêmes pénalités en cas de quota non atteint. L’insertion professionnelle souffre d’un problème d’image quant au public handicapé mental. La loi prévoit une possibilité de réserver une part des appels d’offres (et des marchés) au travail protégé. Pourtant, certaines administrations (tout comme certaines entreprises) préfèrent payer des pénalités que satisfaire à leurs obligations légales.
Enfin, le document aborde la question du revenu des handicapés. L’allocation de la personne handicapée est actuellement de 628 euros mensuels. Elle n’a augmenté que de 1,1% l’an dernier, soit moins que l’inflation. Une manifestation sera donc organisée le 29 mars prochain à Paris, au slogan « Ni pauvres, ni soumis », pour, là encore, faire bouger les lignes.