Géry Pruvost, un étudiant roubaisien, reste travailler quelques mois après son cursus universitaire argentin. Catherine et Antoine Duport ont quitté le littoral du Pas-de-Calais pour la côte brésilienne à la suite d’un deuil familial. Originaire d’Arras, le père Pierre Lecherf, à la tête de la paroisse de Callao, au Pérou, est confronté à la misère et au sida. Vincent Rommelaere a quitté Anzin, près de Valenciennes, pour travailler dans la publicité à Sydney, en Australie.
Ils sont dix. Originaires du Nord-Pas de Calais, ils ont quitté la région pour un temps ou pour toujours. De leur histoire, le journaliste François Launay a dressé dix portraits de ces « Nordistes du bout du monde », dans une série publiée tout l’été par Nord Eclair, dans son édition dominicale. « Trouver des Nordistes du bout du monde était une idée que nous partagions tous les deux », avance un responsable de la rédaction du quotidien régional.
Homme de télévision, François Launay, 26 ans, travaille depuis sa création pour le Canal Local de Valenciennes, une petite rédaction de quatre personnes qui produit chaque semaine un journal télévisé sur l’actualité de l’agglomération. Mais le jeune homme a la bougeotte. Après les ravages causés par l’ouragan Katrina dans le sud des Etats-Unis, en août 2005, il était parti en Louisiane avec une équipe de sauveteurs français. Il en avait déjà rendu compte dans un article.
Cette année, le journaliste nordiste n’est pas parti dans l’urgence. Il voulait voyager autour du monde. « J’en avais parlé avec un ami en juin, raconte-t-il. Le 21 février, nous partions de Roissy. » A deux, direction le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, la Colombie, l’Australie et l’Asie, pour un tour du monde qui s’est achevé après quatre mois. « Je voulais le faire maintenant pour ne pas regretter de ne pas l’avoir fait plus tard », résume François Launay.
« Croisé dans une soirée, autour d’un verre »
A São Paulo, au Brésil, puis à Buenos Aires, la capitale argentine, il retrouve deux amis journalistes, aides précieux pour aiguiller le Nordiste. Sa sœur, qui réside en Colombie, a aussi contribué au voyage du jeune homme. « Elle m’a donné des contacts sur place », indique François Launay. Comment trouver des Nordistes dans l’immensité du monde ? « Avant de partir, j’avais envoyé des mails à toutes les associations françaises à l’étranger, aux ambassades… C’est comme cela que m’a répondu un ancien avocat installé au Brésil. » D’autres rencontres sont moins préparées, comme avec cet étudiant originaire de Roubaix : « Je l’ai croisé dans une soirée à Buenos Aires. Cela s’est fait autour d’un verre. Le monde est petit. Sur place, il y a toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un… »
Bien qu’il ait étudié son trajet à l’avance, le journaliste a dû adapter son parcours en fin de course. « On voulait terminer quelque part en Asie. On pensait aller à Pékin, mais il est difficile d’obtenir les visas, explique François Launay. Il nous manquait un dixième portrait. Des contacts nous ont orientés vers un Nordiste à Hong-Kong. Nous y sommes allés ! »
De retour dans la région, le journaliste a repris ses fonctions à Valenciennes, d’autres projets en tête. Le dernier portrait de la série des « Nordistes du bout du monde » sera publié le 17 septembre dans Nord Eclair.
Mathieu HEBERT