Agressions physiques, menaces verbales ou écrites, plaintes abusives, environ 400 professionnels sont concernés directement ou indirectement par les 78 épisodes de violences et d’intimidation contre des journalistes recensés par l’observatoire « Oxygène pour l’information » dans son rapport 2010.
Un quart des journalistes menacés vit en Calabre, dans le sud du pays « et pourtant, dénonce le rapport, aucun journaliste de cette région ne bénéficie d’une protection policière », à la différence de Lirio Abbate, journaliste de l’hebdomadaire Espresso, et Roberto Saviano, l’auteur de « Gomorra », qui, menacés de mort par la mafia, vivent sous escorte policière.
Créé en 2008 par la Fédération nationale de la presse italienne et l’Ordre des journalistes, l’observatoire a rendu public son rapport lundi 6 décembre à Rome. « Il s’agit de la face cachée de l’Italie, comme il y a une face cachée de la Lune (...) Nous voulons que ce problème soit connu à l’étranger », a déclaré le directeur de l’Observatoire, Alberto Spampinato, cité par l’AFP.
Le rapport cite également les conclusions d’une mission de l’International Press Institute (IPI, dont le siège est à Vienne) en Italie en novembre 2010. Il souligne « les difficultés rencontrées par les journalistes italiens quand ils s’occupent de criminalité organisée, particulièrement dans les régions du sud, où les organisations criminelles ont une influence significative ».
Plus globalement, l’IPI identifie le manque d’indépendance éditoriale des journaux du pays comme l’un des « problèmes majeurs » en Italie.
Sources : Agence France-Presse, International Press Institute (www.freemedia.at)